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Une parole francophone : Mme Rose-Marie Losier-Cool, femme francophone et fière de l’être !

À l’occasion de la XXXIIIème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) tenue en juillet dernier à Libreville (Gabon), la sénatrice canadienne Rose-Marie Losier-Cool a été portée à la présidence du Réseau des femmes parlementaires de l’APF. Entretien.

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Qu’est ce que le Réseau des femmes parlementaires ?


Rose-Marie Losier-Cool
 : Le Réseau a officiellement vu le jour en 2002, à Berne, mais plusieurs femmes parlementaires, dont j’étais, militaient déjà depuis quelques années pour doter l’APF d’un organe représentatif des femmes parlementaires des pays membres de l’APF.
Le Réseau vise une meilleure participation de ces femmes à la vie politique, économique, sociale et culturelle de leur pays et de l’ensemble de l’espace francophone.
Pour être franche, en créant ce Réseau, nous voulions renforcer la place et le rôle des femmes au sein de l’APF et dans les parlements membres, et encourager les échanges et la solidarité entre nous, femmes parlementaires francophones.

Comment vivez-vous votre élection ?

Rose-Marie Losier-Cool : Comme l’aboutissement d’un engagement personnel. Tout au long de ma carrière, dans l’enseignement, dans les syndicats, et maintenant au Sénat du Canada, je me suis toujours battue pour défendre les droits des femmes et promouvoir leurs intérêts.
Même au 21ème siècle, après des décennies de supposée « évolution », les femmes demeurent trop souvent secondaires, « inférieures ».
Nous sommes 52% de la population mondiale. Nous devons occuper la place qui nous revient partout, et notamment dans les parlements.

Le Réseau est donc un lieu de débat ?

Rose-Marie Losier-Cool : Le Réseau n’est pas que délibératif : il pose des gestes concrets. Je pense ici aux séminaires qu’il organise avec l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) pour permettre aux femmes parlementaires de l’APF de se familiariser avec la Convention des Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Jusqu’à présent, cinq séminaires ont été organisés : à Bamako (Mali) en 2004, à Antananarivo (Madagascar) et à Libreville (Gabon) en 2005, à Tunis (Tunisie) en 2006 et finalement, à Port-au-Prince (Haïti) en mai dernier.

Nous allons aussi entamer d’autres activités sur les droits des enfants.
De plus, le Réseau est devenu un pilier incontournable de l’APF : nos membres participent aussi aux travaux de ses quatre commissions et contribuent à y préserver la dimension du genre, et les femmes membres des commissions informent le Réseau sur les travaux de ces commissions. Nous sommes donc toutes au courant de tout ce qui se passe à l’APF, et nous pouvons désormais compter sur la présence d’au moins une femme au sein du Bureau de l’APF.

Enfin, le Réseau a accru la visibilité internationale de l’APF, puisque je participe aux travaux de la Commission de la condition de la femme du Conseil économique et social des Nations Unies.

Etes-vous fière d’être francophone ?

Rose-Marie Losier-Cool : Je suis une Acadienne du Nouveau-Brunswick, province atlantique qui est la seule du Canada à être officiellement bilingue. Un tiers de la population de notre province est francophone, et les lois néo-brunswickoises garantissent des droits équivalents et des chances égales à tous les citoyens francophones ou anglophones de la province.

Ce statut unique au Canada fait des Acadiens du Nouveau-Brunswick les francophones les plus heureux de l’être au pays.

Les six millions de francophones du Québec sont beaucoup plus nombreux que les Acadiens, mais ils ont dans les faits moins de garanties linguistiques que nous.

Il y a aussi des communautés francophones structurées dans le reste des provinces et territoires du Canada.

Ce qui me permet ici de vous dire qu’en plus d’être fière d’être Acadienne, je suis aussi très fière d’être francophone dans un Canada où les trois quarts de la population parle anglais ou une autre langue que le français.

N’oublions pas non plus qu’une majorité de francophones au Canada parle aussi anglais : être bilingue au Canada, c’est avoir le double de chances d’obtenir un emploi et de pleinement apprécier la vie socioculturelle.

Je suis donc doublement privilégiée d’être francophone, néo-brunswickoise, canadienne et bilingue !

Votre élection témoigne aussi sans doute du rôle du Canada dans la Francophonie internationale ?

Rose-Marie Losier-Cool : Mon pays est l’un des piliers de la Francophonie : sept millions de francophones, six sections membres et quatre sections associées de l’APF, ainsi que trois membres permanents de l’OIF.

Nous hébergeons aussi sept des organes consultatifs de l’OIF : l’Association francophone internationale des directeurs d’établissement scolaires et celle des aînés, le Carrefour international de la presse universitaire francophone, le Conseil de la vie française en Amérique, la Fédération des communautés francophones et acadienne, le Secrétariat international des infirmières et infirmiers de l’espace francophone, et la Société nationale de l’Acadie. Et nous accueillons l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la Francophonie, à Québec.

Comme vous pouvez le constater, la Francophonie internationale et le Canada sont deux grands partenaires !

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