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Une parole francophone : Fernand Texier, recteur de l’Université Senghor

La diversité culturelle à l’Université

Créée en mai 1989, par le Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement ayant le français en partage, l’Université Senghor est un opérateur direct de la Francophonie. Son recteur, Fernand Texier nous parle de cette institution de 3ème cycle, localisée à Alexandrie (Egypte).

A qui s’adresse l’Université Senghor ?


Fernand Texier
 : Elle a pour vocation de former et de perfectionner des cadres africains et des formateurs de haut niveau et d’orienter leurs aptitudes vers l’action et l’exercice des responsabilités dans certains domaines prioritaires pour le développement. Elle s’adresse à des candidats ayant au moins un niveau de licence et plusieurs années d’expérience professionnelle. Elle est un pôle d’échanges et de rencontres dans l’espace francophone en organisant des colloques, séminaires et conférences, et en collaborant notamment avec les autres opérateurs et institutions de la Francophonie.

Son influence qui concerne tout d’abord les pays africains francophones, va bien au-delà, car elle accueille aussi des étudiants venant de l’ancienne Indochine (Vietnam, Laos, Cambodge) et d’Haïti. Elle est désormais ouverte à tous les francophones intéressés par les problèmes de développement, car elle prépare aux métiers du développement durable dans la droite ligne des Sommets de la Francophonie tenus à Ouagadougou en 2004 et à Bucarest en 2006.

De quelle façon se démarque-t-elle des autres opérateurs ?


Fernand Texier
 : Elle est en effet originale à plusieurs titres. D’abord, au regard de sa mission : Université internationale en langue française au service du développement africain, elle est unique en son genre. Ensuite, par la diversité géographique de ses étudiants, provenant d’une trentaine de pays différents. Finalement, par la composition de son corps professoral qui rassemble des professeurs d’université et des experts professionnels issus de différents pays membres de la Francophonie, du Canada, d’Europe et d’Afrique.

La diversité culturelle vous tient à cœur ?

Fernand Texier : « S’enrichir de nos différences pour converger vers l’universel ». Ce message que nous a légué Léopold Sédar Senghor est une réalité quotidienne à l’Université Senghor compte tenu des origines culturelles différentes des étudiants.

Cette université est un vecteur essentiel du dialogue des civilisations, de l’ouverture au monde, de la rencontre et du partage des cultures. Grâce à ce brassage, les étudiants tissent un réseau d’amitié et de liens impérissables, créant ainsi une Francophonie plurielle, dynamique et solidaire.

En effet, l’identité francophone, si elle est basée sur la langue en partage, le français, elle est aussi fondée sur des valeurs : solidarité, partage, droit de l’Homme et diversité culturelle.
L’universalisme francophone va à l’universel par la synthèse des différences et prend en compte la diversité et la solidarité ; le Francophone a la volonté de bâtir un développement durable.

Quelle formation proposez-vous au juste ?

Fernand Texier : Nous proposons un Master en Développement décliné en sept spécialités : gestion de l’environnement, management de projets, gouvernance et management public, santé internationale, politiques nutritionnelles, gestion du patrimoine culturel et enfin, management de la culture et des médias.

Vous offrez aussi parfois d’autres formations ?

Fernand Texier : Toujours à l’écoute des besoins changeants en matière de développement africain et parallèlement à ses activités de formation dans le cadre du Master en développement, l’Université organise régulièrement en partenariat avec les institutions de la Francophonie des séminaires de perfectionnement et sessions de formation continues de courte durée. Ces formations continues contribuent à la mise à jour et au renforcement des compétences de plusieurs centaines de Senghoriens ou de cadres africains en exercice.

Vous semblez très fier de vos étudiants...


Fernand Texier
 : L’Université Senghor agit donc comme un catalyseur des savoirs et des savoir- être ; ce qui explique sans doute que de nombreux anciens Senghoriens, comme ils aiment s’appeler, soient maintenant à des postes clé dans leurs pays illustrant tout l’intérêt et le formidable pouvoir de cette diversité maitrisée et de cet esprit fondé sur le dialogue des cultures. Les Senghoriens sont porteurs d’une certaine vision de la Francophonie.

Les diplômés de l’Université Senghor travaillent majoritairement dans le secteur public (57%), puis dans le secteur associatif et les ONG (23%), enfin dans le secteur privé (20%). Les emplois occupés par les Senghoriens correspondent massivement aux champs professionnels étudiés à l’Université.

Ses diplômés occupent, aujourd’hui, d’importantes responsabilités dans tous les domaines productifs de leurs pays respectifs.


Laissons le mot de la fin à Léopold Sédar Senghor...

Fernand Texier : Il aimait saluer en ce centre de formation qu’est l’Université, « ce haut lieu de l’Homme, espoir des temps nouveaux, espoir d’une Afrique face à ses défis présents et à venir ».

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