Parlements et Francophonie. Octobre - Novembre 2008. N° 14

Québec

LA MISSION EDUCATIVE DE L’ASSEMBLEE : LES CITOYENS D’ABORD

1 – Le Service des programmes éducatifs

À l’occasion de son bicentenaire en 1992, l’Assemblée nationale s’est donné une mission éducative. Celle-ci est chapeautée par le Service des programmes éducatifs de la Direction des communications et des programmes éducatifs et par la Fondation Jean-Charles-Bonenfant.
Le Service des programmes éducatifs élabore et réalise des programmes et des contenus de nature éducative destinés à des publics cibles. Il fournit aussi un soutien professionnel et technique lié à l’organisation et à la tenue de simulations parlementaires à l’Assemblée nationale. Le Service a créé, à ce chapitre, un éventail d’activités éducatives visant à stimuler la participation des citoyens, à les éveiller à la démocratie et à la vie parlementaire. Les activités ont pour objet de former des citoyens actifs et avertis, responsables et conscients de leurs droits, mais aussi de leurs obligations et privilèges qu’ils ont de vivre dans une société démocratique. Elles s’adressent principalement aux jeunes de 12 à 17 ans. À ce titre, dans le cadre de sa mission éducative, l’Assemblée nationale tient certaines manifestations de façon régulière, alors que d’autres sont réalisées de façon sporadique.

Complémentaires à l’enseignement en classe, les programmes pédagogiques de l’Assemblée ont permis à près de 15 000 jeunes, au Parlement, et à plus de 35 000 élèves, en classe, d’approfondir, voire de parfaire leurs connaissances des institutions politiques et parlementaires ainsi que de comprendre le rôle fondamental du pouvoir législatif dans le système démocratique.

L’Assemblée nationale fait des exercices de simulation pour enseigner les fondements de la démocratie et du parlementarisme. Elle privilégie le jeu de rôle, car il constitue une méthode d’apprentissage efficace et dynamique. Le Service des programmes éducatifs tient annuellement à l’Assemblée nationale cinq simulations parlementaires et un jeu-questionnaire dont l’objectif poursuivi est d’accroître l’intérêt des jeunes envers les valeurs fondamentales de démocratie, de liberté, d’égalité, de solidarité, de participation et de respect des institutions.
En 1992, à l’occasion des célébrations du Bicentenaire des institutions parlementaires, l’Assemblée a créé sa toute première activité pédagogique : le Tournoi Jeunes démocrates. Ce populaire et captivant jeu-questionnaire porte sur la démocratie, le parlementarisme et l’histoire politique du Québec. Il s’adresse à des jeunes du secondaire et du collégial. Dans le but d’atteindre une plus vaste population étudiante, cinq simulations ont lieu annuellement à l’Assemblée nationale. Ainsi, les jeunes peuvent prendre la parole au Parlement écolier, destiné aux élèves de 6e année du primaire, au Parlement des jeunes à l’intention des élèves de 3e et 4e secondaire et au Forum étudiant qui vise l’effectif scolaire des collèges (cégep). De plus, l’Assemblée nationale collabore avec le Parlement jeunesse et le Parlement étudiant auxquels participent des jeunes de niveaux collégial et universitaire. Au cours de ces cinq simulations parlementaires, les participants de partout au Québec débattent des problèmes qui les préoccupent, font valoir leurs points de vue, trouvent des compromis et y apportent des solutions novatrices. Les jeunes deviennent députés, journalistes, attachés de presse ou fonctionnaires parlementaires. Ils vivent, pendant quelques jours, une expérience concrète de la démocratie.

Par ailleurs, dans une volonté de dialogue, le président et les vice-présidents de l’Assemblée nationale effectuent, depuis 2004, une tournée des établissements d’enseignement secondaire québécois. La présidence de l’Assemblée nationale s’est rendue dans plus de 150 écoles pour rencontrer les élèves et échanger avec eux sur la démocratie et le parlementarisme en général, les fonctions de la présidence et les différents rôles des députés. Toujours dans l’esprit de maintenir le dialogue avec les jeunes, ces visites accordent une grande place à leurs questions. L’Assemblée mise sur cette activité fort appréciée pour développer chez les jeunes le goût de s’engager en faveur de la démocratie. Elle vise à sensibiliser les jeunes à l’importance de participer à la vie démocratique et à présenter l’Assemblée comme lieu de débats et d’expression sur les enjeux qui les touchent quotidiennement.

2 - La Fondation Jean-Charles-Bonenfant : partenaire de l’Assemblée

Dans le cadre de sa mission, l’Assemblée nationale peut aussi compter sur un partenaire privilégié. La Fondation Jean-Charles-Bonenfant est un organisme non partisan créé par une loi de l’Assemblée nationale en 1978. Que ce soit par l’entremise d’activités pédagogiques ou de stages, elle apporte une importante contribution au rayonnement de la démocratie et du parlementarisme. Vouée à l’éducation à la démocratie, la Fondation soutient des programmes qui permettent aux bénéficiaires de se familiariser aux rudiments de la vie parlementaire. Avec la Direction de l’éducation à la démocratie parlementaire, la Fondation constitue un élément clé de la mission éducative de l’Assemblée nationale.
Sa mission se traduit d’abord par un programme annuel de stages parlementaires d’une durée de 10 mois pour cinq étudiants universitaires, assortis d’une bourse. Cette expérience unique permet à cinq jeunes d’acquérir un bagage riche et impressionnant tant théorique que pratique sur les institutions parlementaires, sur le rôle et le travail des députés. Les stagiaires sont jumelés, pendant leur stage, à un député de l’opposition et à un député du parti ministériel, et ce, en alternance. Plus d’une centaine d’étudiants ont bénéficié de ce programme depuis ses débuts.

La Fondation organise en outre des conférences sur la démocratie. Professeurs, anciens ou actuels parlementaires, journalistes collaborent à cet événement année après année. Y sont abordés les thèmes de prédilection du défunt professeur Jean-Charles Bonenfant, soit le parlementarisme, les principes fondamentaux du droit public, le fédéralisme et le partage des compétences. En 2011, la Fondation a collaboré à l’organisation du Colloque sur la démocratie, les députés et les médias. Cette rencontre avait pour objectifs de stimuler la réflexion et d’explorer les liens existant entre la démocratie, les députés et les médias et de proposer des moyens d’améliorer ces interrelations au bénéfice de la démocratie.

Outre ces stages et ces conférences thématiques, deux autres activités d’importance sont organisées par la Fondation Jean-Charles-Bonenfant, fier partenaire de l’Assemblée nationale. Il s’agit des Parlements au primaire et des Parlements au secondaire, auxquels participent plus de 237 écoles secondaires et 267 écoles primaires. Ces établissements scolaires ont implanté, en leur sein, un conseil d’élève sous la forme d’un parlement inspiré des règles de l’Assemblée nationale. À l’image de la vie politique québécoise, chaque parlement peut comprendre un premier ministre, des ministres, un président et des députés, tous élus. Les députés des Parlements au primaire et des Parlements au secondaire débattent de projets de loi en lien avec le fonctionnement de leur école, lesquels sont sanctionnés par un lieutenant-gouverneur, rôle occupé habituellement par le secrétaire général de l’Assemblée nationale ou par l’un de ses adjoints. Ce projet est animé par des objectifs de participation et d’éducation à la démocratie. Il initie les jeunes à la vie parlementaire en les faisant participer à tous les niveaux de décisions qui touchent la vie de leur école. L’appui de la Fondation aux écoles se traduit par un soutien technique, par une formation pratique et par la remise de guides pédagogiques.

3 – Les autres activités

D’aucuns ne contestent que les principes de base de la démocratie parlementaire, valeur fondamentale de notre société, sont méconnus. Les activités éducatives visent justement à corriger cette lacune. L’Assemblée nationale a poursuivi ses efforts afin de sensibiliser aux différentes facettes du parlementarisme et d’améliorer la compréhension des enjeux et des difficultés auxquels sont confrontés les systèmes parlementaires et les démocraties contemporaines. C’est dans cet esprit que l’Assemblée nationale et l’Université Laval, située dans la ville de Québec, ont mis sur pied, en 2007, la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires. Déjà, cette chaire constitue un pôle d’excellence universitaire. Elle compte en effet à son actif l’organisation de conférences, de séminaires et de colloques d’envergure internationale de même que la réalisation de plusieurs études menées conjointement avec certains de ses partenaires (Vérificateur général du Québec, Directeur général des élections, Protecteur du citoyen, Commissaire au lobbyisme). La Chaire travaille par ailleurs actuellement, en collaboration avec l’Assemblée nationale française et l’Assemblée nationale du Québec, à l’élaboration d’une formation en ligne, qui, dans une perspective comparée, présentera les caractéristiques institutionnelles de parlements reposant sur des traditions distinctes.

En 2005, l’Assemblée nationale a également signé une entente de partenariat avec l’Université Laval, qui prévoit la mise sur pied, par la Faculté de droit, de cours sur l’ABC du droit et de la procédure parlementaire. L’objectif poursuivi est de transmettre l’expertise parlementaire, de former une relève mieux informée et consciente des réalités du parlementarisme et susciter, voire stimuler l’intérêt des jeunes. Des projets de recherche et des stages à l’Assemblée nationale pour les étudiants en droit font également partie de cet accord.

L’Assemblée nationale tient également chaque année un forum des Rendez-vous de la démocratie, qui a succédé en 2012 aux Journées du livre politique au Québec instituées en 2003. Par des débats sur des sujets d’actualité, l’Assemblée souhaite favoriser le rapprochement entre la principale institution démocratique du Québec, les citoyens et les gens qui enrichissent et animent la vie politique par leurs analyses et leurs réflexions. Par l’attribution des Prix du livre politique qui se poursuit dans le cadre du forum, elle cherche à stimuler la production d’ouvrages et de recherches universitaires sur la politique québécoise, à promouvoir le livre politique auprès des parlementaires et du grand public et à encourager les auteurs qui écrivent sur des sujets liés à la politique québécoise. À cette occasion, des prix accompagnés de bourses totalisant 14 000 $ servent à récompenser les auteurs d’ouvrages, de thèses de doctorat et de mémoires de maîtrise.

UNE ASSEMBLEE OUVERTE AUX CITOYENS

Histoire d’aller rencontrer les gens dans leurs régions, l’Assemblée nationale a tenu, à l’extérieur de ses édifices, des manifestations en vue de mieux faire connaître son fonctionnement et son importance. Par le passé, des rencontres en région ont eu lieu et celles-ci ont récolté un vif succès. Néanmoins, l’Assemblée nationale encourage les citoyens à se déplacer et à venir découvrir leur Parlement. À ce sujet, l’Assemblée nationale du Québec est depuis longtemps un des parlements les plus ouverts en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde. On peut parcourir l’hôtel du Parlement au cours d’une visite guidée, y déguster un repas au Parlementaire aux côtés des députés, assister aux travaux parlementaires, utiliser les services de la Bibliothèque ou encore visiter la Boutique de l’Assemblée nationale.
En tant que « maison du peuple », l’Assemblée nationale ouvre, en effet, ses portes tout au long de l’année et offre des visites commentées gratuites en français et en anglais et, sur réservation, en espagnol, en italien et en langage des signes québécois. Plus de 150 000 personnes franchissent annuellement le seuil de l’institution. En compagnie de guides expérimentés, les visiteurs peuvent ainsi en apprendre davantage sur l’histoire et le fonctionnement de l’Assemblée nationale et par la même occasion découvrir ses splendeurs, son architecture et son ornementation. De plus, la population peut se familiariser avec le rôle du député grâce à l’exposition multimédias Le Québec, ses députés, ses régions. Cette réalisation novatrice présente un portrait de 1000 photographies des 17 régions administratives du Québec et permet de visionner des vidéos des députés.

L’Assemblée nationale mise aussi sur un accueil personnalisé et élargi des visiteurs. Dans cet esprit, un centre des visiteurs reçoit les citoyens et les touristes de passage, le tout dans un environnement des plus chaleureux et instructif. Il s’agit de la porte d’entrée pour toutes les activités à l’Assemblée. Ce lieu permet de bonifier de façon notable les services offerts au public. En effet, il intègre plusieurs moyens efficaces pour diffuser l’information : panneaux scriptovisuels, vitrine d’exposition, bornes informatives, espace de visionnement, etc. On mise ici sur l’interaction avec les visiteurs pour capter leur attention.
Nombreuses sont également les expositions thématiques qui ont lieu à l’Assemblée nationale et qui mettent l’accent sur divers aspects d’importance pour la société québécoise. Au nombre de celles-ci, on trouve une exposition grand public intitulée Je me souviens réalisée dans le cadre des 125 ans de l’hôtel du Parlement, un événement souligné de différentes façons tout au long de l’année 2011. Une autre a aussi porté sur le temps, un élément essentiel au fonctionnement de l’Assemblée. Par l’entremise de la collection patrimoniale d’horloges du Parlement, il a été possible de transmettre aux visiteurs différentes notions sur le fonctionnement de l’institution. Une visite de l’horloge de la tour centrale de l’édifice complétait la présentation.

Enfin, pour commémorer le 350e anniversaire de la création du Conseil souverain, établi à Québec le 18 septembre 1663, une exposition sera réalisée en 2013 à l’hôtel du Parlement. Celle-ci brossera un portrait de l’histoire politique de la Nouvelle-France. Déployée dans la galerie des présidents, le hall du parquet et le hall des tribunes, l’exposition Gouverner en Nouvelle-France fera connaître l’histoire des institutions politiques du Régime français. Des liens étroits seront également tissés entre l’architecture de l’hôtel du Parlement et l’histoire de l’Amérique française. Des documents d’archives et des objets patrimoniaux des collections de l’Assemblée nationale seront mis en valeur. S’ajouteront des pièces uniques provenant d’autres collections muséales.

Par ailleurs, bien qu’accessible à tous les visiteurs la semaine, le restaurant Le Parlementaire ouvre régulièrement ses portes pour des brunchs thématiques liés à l’hiver et à l’été. Enfin, une journée portes ouvertes se déroule chaque année à l’occasion de la fête nationale le 24 juin. Les visiteurs peuvent en profiter pour admirer l’hôtel du Parlement considéré comme un des joyaux du patrimoine québécois et classé monument historique national depuis 1984. Ils ont accès à des lieux normalement inaccessibles au public.

LE RAPPORT ANNUEL D’ACTIVITE : SYNTHESE ET BILAN

Animée par un souci de transparence, l’Assemblée nationale rend compte annuellement de sa gestion en publiant un rapport annuel d’activité faisant état de ses travaux et de ses activités. Cette publication est le fruit d’une collaboration de toutes les unités administratives de l’Assemblée nationale. Elle permet d’apprécier les réalisations des députés et des employés de l’institution sur les plans parlementaire, institutionnel et administratif. Lui-même destiné à faire connaître la mission de l’Assemblée nationale, ce rapport représente un témoignage éloquent des initiatives et du travail accomplis par le Parlement et constitue la mémoire des principaux événements qui ont jalonné l’exercice financier de l’Assemblée nationale.

Puisqu’il est susceptible d’atteindre un large public, il est rédigé dans un langage simple et accessible à tous. En effet, les citoyens désireux de comprendre le travail de leurs élus y trouvent une foule d’informations. C’est également une occasion pour eux de mieux comprendre l’usage des fonds publics consacrés à l’Assemblée nationale. La publication de ce rapport s’inscrit aussi dans une démarche entreprise par l’Assemblée en vue de permettre à l’ensemble des employés d’approfondir leurs connaissances de l’institution à laquelle ils se consacrent quotidiennement et, par le fait même, de cultiver leur esprit d’appartenance.

Au chapitre des communications, l’Assemblée nationale est aujourd’hui une des assemblées parlementaires qui se classe parmi les parlements les plus modernes et son offre de services aux citoyens ne cesse de s’améliorer. Son approche de communication est influencée d’ailleurs par les expériences et le dynamisme des autres parlements dans le monde. Elle espère néanmoins inspirer à son tour d’autres assemblées qui, comme elle, sont désireuses de se rapprocher de leurs citoyens et de promouvoir leurs activités. À l’Assemblée nationale du Québec, la communication est au cœur de l’action.