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Prix Geoffrey-Dieudonné

Le 20 novembre 2015, M. Geoffrey Dieudonné a été assassiné à l’Hôtel Radison Blu de Bamako alors qu’il participait en tant que formateur à une formation conjointe organisée par l’APF et l’Université Senghor d’Alexandrie au bénéfice des fonctionnaires parlementaires maliens.

Pour rendre hommage à cet administrateur du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Bureau de l’APF, réuni en juillet 2016 à Antananarivo (Madagascar), a créé un Prix destiné à récompenser un fonctionnaire parlementaire de l’espace francophone particulièrement investi dans la promotion de la Francophonie parlementaire.

Le premier Prix Geoffrey-Dieudonné a été attribué le 21 novembre 2016, un an après l’attaque terroriste de Bamako, à Amadou Thimbo, administrateur à l’Assemblée nationale du Sénégal, qui participait lui aussi à la formation en faveur des administrateurs maliens en novembre 2015. En 2017, le jury a choisi de remettre ce Prix à Mme Kong Sokmony, directrice-adjointe du service des relations internationales, chargée des affaires de la Francophonie, au Sénat du Royaume du Cambodge.

Hommage à Geoffrey Dieudonné

L’Assemblée parlementaire de la Francophonie a eu l’immense douleur de déplorer le décès de M. Geoffrey Dieudonné, Premier Conseiller de direction au sein de l’administration du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles suite à l’attentat du Radisson Blu à Bamako vendredi 20 novembre 2015.

Geoffrey Dieudonné participait, au nom du Parlement de la Fédération Wallonie- Bruxelles, à une formation sur l’administration et l’organisation du travail parlementaire à l’intention des fonctionnaires de l’Assemblée nationale du Mali organisée par l’APF et l’Université Senghor.

Le Président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, M. Philippe Courard, lui a rendu hommage lors de la séance plénière du 25 novembre 2015 :

« Mesdames, Messieurs,

Bamako ne résonnera désormais plus à nos oreilles des joyeuses mélodies d’Amadou et Mariam.

A Bamako, nous avons perdu un compagnon, un fils, un père, un frère, un ami, un collègue :
Geoffrey Dieudonné, Premier Conseiller de direction à la Direction générale des Travaux législatifs, lâchement assassiné le vendredi 20 novembre, par un groupe de terroristes.

Il est tombé en service, haut commis de l’Etat qu’il était, fier de servir.

Notre Parlement est en deuil.

Geoffrey est entré au Parlement de la Communauté française en 2001 à mi-temps au service des Etudes et de la documentation. Il a gravi au fur et à mesure les échelons pour arriver après une épreuve brillamment réussie à être promu au grade de Premier Conseiller de direction.

Il a ensuite travaillé au service des Relations internationales et des commissions, avant d’intégrer la nouvelle Direction des Travaux législatifs. Il avait à de nombreuses reprises effectué des missions à l’étranger au nom du Parlement et de la section de la Communauté française de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.

Il adorait ce travail et découvrir de nouveaux horizons était sa passion.

Successivement secrétaire de la commission de la Culture et de l’Audiovisuel, puis de la commission de l’Education, ensuite de la commission de l’Enseignement supérieur et de la
Recherche, et enfin de la commission de l’enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des droits des Femmes et de l’Egalité des chances, il avait acquis une grande connaissance des différents domaines de compétences de notre Fédération Wallonie-Bruxelles.

Geoffrey Dieudonné était un fonctionnaire de qualité, aguerri, et qui avait le recul nécessaire pour assurer un travail précis, distinguer l’essentiel de l’accessoire.

Pour la mission qui lui a coûté la vie, il était confiant en son savoir-faire et son expertise.

Poussé par son envie de partager ses valeurs et convaincu, qu’aujourd’hui plus que jamais, chaque être humain a le devoir moral d’édifier un monde de paix ; il était soucieux de l’avenir, du devenir de l’Homme, de la Femme, de la jeunesse et particulièrement de ses deux enfants, Lucas et Anthony.

L’esprit ouvert, Geoffrey est parti vers Bamako, à la rencontre d’un parlement en sortie de crise.

Il s’est envolé pour démontrer que l’administration est, elle aussi, actrice de coopération, de développement durable, de paix et architecte de démocratie. Il est parti vers son destin qui l’a conduit à devoir faire face à ce qu’il était parti combattre : la barbarie.

Geoffrey a fait preuve de volonté, de courage, de cran, d’un grand cœur.

Il laisse sur chaque pierre de ces murs, dans les têtes du personnel tant politique qu’administratif, et à jamais un message : au-delà des mots, avoir la volonté et la force d’agir, c’est savoir continuer le combat malgré la peine, la sidération, malgré les images qui nous parviennent, la révolte qui est la nôtre.

Geoffrey, secrétaire de commission chevronné, devenu membre de l’équipe dirigeante de notre administration -et il en était très fier à juste titre-, a accepté d’effectuer la mission qui lui était proposée : aller former des fonctionnaires maliens, agents d’un parlement d’un Etat en sortie de crise et pour lequel la Francophonie, et notre parlement, se sont engagés autour d’un plan d’appui multilatéral.

Il est parti à Bamako avec conviction et sérieux.

Il était accompagné dans ce séminaire d’autres experts fonctionnaires venus du Canada, du
Sénégal, du Québec, qui eux aussi avaient décidé de faire ce déplacement, comme l’a fait une délégation de l’OIF au même moment.

Toutes et tous, qui étaient sur place et qui ont subi l’attaque sont terriblement affectés par la disparition de Geoffrey. Ils ont tenu à nous le faire savoir et ils ont tenu à le faire savoir à la famille ici présente par notre intermédiaire.

Geoffrey Dieudonné à 39 ans, était l’avenir de cette administration pour laquelle il s’est investi avec enthousiasme et détermination.

Nous le pleurons tous et nous adressons nos condoléances très attristées à sa famille présente en tribune et à tous ceux qu’ils chérissaient. Sa disparition laisse un grand vide et son sourire nous manquera.

Nos pensées émues vont également à toutes les victimes et à leurs familles touchées de manière égale et à qui nous voulons rendre hommage. »