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Prévention et règlement des conflits en Afrique

Une centaine de délégués représentant une vingtaine de pays du continent africain, dont plusieurs Présidents d’Assemblées, se sont réunis au Grand hôtel de Kinshasa, en République démocratique du Congo, les 10 et 11 mai 2010, pour la XVIIIème Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Evariste Boshab, Président de l’Assemblée nationale et Président de la section congolaise de l’APF, a ouvert les deux jours de réflexions et de débats qui ont permis d’échanger sur l’essor et le maintien de la démocratie en Afrique francophone.

Dans son allocution d’ouverture, le Président Boshab a proclamé sa « ferme conviction que la démocratie est le meilleur mode de gouvernement capable d’assurer l’épanouissement humain. Par le climat de liberté qu’elle suscite, la démocratie crée aussi les conditions d’une mobilisation librement consentie par la population pour son propre développement. »
Il a conclu en disant que « cette proclamation est l’essence même de notre mandat en tant qu’élu du peuple ».

Pour sa part, Jacques Legendre, Secrétaire général parlementaire de l’APF, a rendu hommage à la République démocratique du Congo qui est non seulement le deuxième pays francophone du monde, mais aussi l’un des pays fondateurs de l’APF en mai 1967 à Luxembourg, et rappelé la volonté de l’institution parlementaire francophone à promouvoir « le respect de l’ordre constitutionnel comme moyen de garantir le bon fonctionnement des institutions et la promotion de la démocratie ».

En marge de ces assises, les participants ont été reçus par le Président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila Kabangue. A cette occasion, le Président d’honneur de l’APF, Guy Nzouba-Ndama a élevé le Chef d’Etat, au rang de Grand Croix de l’Ordre de la Pléiade, ordre de la Francophonie et du dialogue des cultures, pour son engagement et ses efforts pour le maintien de la paix et de la démocratie dans son pays.
Le Président de la République a confirmé son souhait de voir le Sommet de la Francophonie en 2012 à Kinshasa, un événement qui permettra une reconnaissance de l’importance de la République démocratique du Congo sur la scène mondiale francophone.

Après l’examen et l’adoption du rapport du chargé de mission de la Région Afrique, Bongnessan Arsène Yé, député (Burkina Faso), les parlementaires ont poursuivi leurs travaux avec l’examen de la situation politique et sociale du continent, à l’aide d’un rapport présenté par Paulette Oyane-Ondo, députée (Gabon) et rapporteure de la commission politique de l’APF, sur les situations de crise dans l’espace francophone. L’Assemblée a exprimé des inquiétudes sur le recul de la démocratie dans certains pays africains, notamment la Guinée Conakry, le Niger, la Côté d’Ivoire et Madagascar.

S’agissant plus particulièrement du Niger, l’Assemblée s’est interrogée sur l’attitude qu’il aurait fallu adopter vis-à-vis de la situation au Niger qui a débouché sur le coup d‘Etat militaire aujourd’hui paradoxalement envisagé comme un moyen de sortir de la crise.

Elle a émis le souhait de voir la junte militaire prendre des mesures nécessaires pour le rétablissement rapide de l’ordre constitutionnel.
L’Assemblée régionale a aussi été l’occasion de faire le point sur la Déclaration de Bamako, qui a posé, il y a dix ans, les bases des valeurs auxquelles adhère la Francophonie. Les parlementaires ont ainsi pu mettre en perspective le document sur les critères de la démocratie parlementaire adopté par l’APF en juillet 2009 au regard de cette déclaration. Abdou Fall, Premier Vice-président de l’Assemblée nationale (Sénégal), et Christine Desouches, Représentante du Secrétaire général de la Francophonie, sont intervenus à ce sujet.

Après s’être félicitée de la mobilisation des parlementaires autour du thème « Bamako 2010 », l’Assemblée a soutenu l’idée de l’auto-évaluation des critères de la démocratie tels qu’évoqués dans le document intitulé « la réalité démocratique des Parlements : Quels critères d’évaluation ? » et s’est engagée à en assurer la pleine faisabilité.

S’agissant spécialement du critère de l’observation préventive, l’Assemblée a affirmé sa ferme volonté de continuer à enrichir davantage ces mécanismes.

Christine Dessouches a par la suite traité de la question de la médiation francophone, un thème qui a suscité de nombreux débats auprès des parlementaires. Reconnaissant le rôle que peuvent jouer les parlementaires dans la prévention et le règlement des conflits, notamment dans le cas d’alerte précoce, l’Assemblée a recommandé le renforcement des liens établis entre l’OIF et l’APF, ainsi que la systématisation de leur partenariat dans ce domaine.

Les parlementaires ont enfin préparé la XXXVIème Session de l’APF qui aura lieu du 4 au 7 juillet à Dakar (Sénégal) et décidé qu’ils se retrouveraient au Maroc pour la prochaine réunion de l’Assemblée régionale Afrique en 2011.

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