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Mission du Réseau des femmes parlementaires à la Commission de la condition de la femme aux Nations Unies

18 mars 2016

Lydienne Epoubé, présidente du Réseau des femmes parlementaires de l’APF (députée, Cameroun), Maryse Gaudreault, première vice-présidente du Réseau (députée, Québec) et Françoise Bertieaux, deuxième vice-présidente du Réseau, (députée, Belgique-Communauté française/Wallonie-Bruxelles) ont représenté le Réseau à la session annuelle de la Commission de la condition de la femme du 14 au 18 mars 2016. Le thème prioritaire de cette session était l’autonomisation des femmes en lien avec le développement durable, ainsi que le suivi des conclusions agréées de la 57e session de la Commission sur les violences faites aux femmes et aux filles.

A cette occasion, le Réseau a organisé un évènement parallèle dont le thème était : « le financement de l’égalité femme-homme : rôles des parlements et de la société civile ». Rassemblant une trentaine de participants, cet événement avait pour objectif de rappeler les arguments économiques, sociaux et environnementaux en faveur de l’intégration du genre dans les budgets nationaux et de permettre un partage des bonnes pratiques concernant la mise en œuvre des budgets sensibles au genre.

Anne Delorme, de l’association québécoise des organismes de coopération internationale, a introduit le débat en présentant le contexte international relatif au financement de l’égalité. Carla Sandoval, qui représentait l’organisation Le Monde selon les femmes, a présenté le concept de budget sensible au genre en exposant également l’impact que peuvent avoir ces budgets pour les droits des femmes. Nicole Ameline, membre du Comité CEDEF et députée française, a ensuite fait part de la position du Comité concernant le financement de l’égalité. A cet effet, elle a rappelé que l’article 2 de la Convention, qui stipule que « les Etats conviennent de poursuivre par tous les moyens appropriés une politique tendant à éliminer la discrimination à l’égard des femmes », sous-tend que les moyens financiers nécessaires doivent mis en œuvre par les Etats afin d’atteindre une égalité de fait.

Maryse Gaudreault a ensuite présenté l’analyse différenciée selon les sexes mise en œuvre au Québec, outil selon elle nécessaire qui vise à intégrer l’approche selon le genre, tant dans son budget que dans l’ensemble de ses politiques et programmes. Viviane Teitelbaum, présidente du Lobby Européen des femmes (députée, Belgique), a ensuite partagé avec les participants l’expérience sur l’intégration de l’analyse de genre dans les budgets et plus particulièrement au niveau communal en Belgique. Françoise Bertieaux a, quant à elle, évoqué les lois de financement des campagnes électorales adoptées dans le courant de l’année 2002 en Belgique et qui assurent une présence égale d’hommes et de femmes sur les listes de candidatures aux élections législatives, européennes et régionales. Elle a notamment attiré l’attention de l’auditoire sur le principe de « la tirette » qui impose une présence alternée entre hommes et femmes de haut en bas des listes électorales, afin de parvenir à une meilleure représentativité de la réalité de la population.

Pour conclure cet évènement, Ndioro Ndiaye, coordinatrice du Réseau francophone pour l’égalité femme-homme, a abordé le rôle des organismes de la société civile comme outil de contrôle du financement en faveur de l’égalité. Elle a particulièrement attiré l’attention des participants sur les mécanismes de suivi à développer suite aux adoptions de textes internationaux comme la déclaration d’Addis Abeba sur le financement du développement ou encore le cadre de développement durable adopté en septembre dernier.

La délégation a également participé à la concertation francophone de haut niveau, organisée par l’OIF, dédiée à la question des violences faites aux femmes et aux filles dans le contexte du développement durable. Mme Epoubé a ainsi présenté la position et les travaux du Réseau en matière de lutte contre la violence à l’égard des femmes et des filles. Elle a notamment rappelé le rôle essentiel des parlements dans la lutte contre ces violences tout comme le rôle de sensibilisation, d’information et de formation de l’APF à l’égard de ses parlements membres.

La délégation du Réseau a aussi assisté à un évènement parallèle organisé par le Réseau francophone pour l’égalité femmes-hommes sur le lien entre la thématique « Femmes, Paix et sécurité en Francophonie » et la mise en œuvre des ODD.

Les membres de la délégation ont aussi pris part à un évènement parallèle organisé par l’organisation Regard de femme consacré aux déclarations des naissances comme condition nécessaire de l’autonomie des femmes. La présidente du Réseau y a présenté les travaux de l’APF concernant les enfants sans identité. Face à ce problème majeur, Mme Epoubé a rappelé les quatre axes d’actions qui devraient être développés en priorité par les parlements. Il s’agit de l’établissement d’un état civil public ouvert à tous et sans discrimination, de la gratuité ou quasi-gratuité de l’enregistrement des naissances, de l’importance de la sensibilisation des populations et finalement de la garantie de la confidentialité des données personnelles collectées.

Finalement, le Réseau a également rencontré la coordinatrice Europe de BPW (Business Professional Women) afin d’échanger sur les pistes de collaborations possibles entre l’APF et cette organisation.

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