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Les jeunes et la politique dans l’espace francophone

A l’occasion du 20 mars, Journée internationale de la Francophonie, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie a organisé une table ronde entre des parlementaires, des jeunes du Parlement francophone des jeunes (PFJ) et un représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie. Voici le message qu’ils ont voulu livrer.

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Logo du 20 mars

Les textes, photos et vidéos de cette manifestation sont disponibles sur le site du Parlement francophone des jeunes

Jean-Marie Séverin, Vice-président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, a ouvert la table ronde.

« Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, disait dernièrement qu’il y a un milliard deux cent millions de jeunes de moins de 25 ans dans le monde. Et vous ici, vous êtes l’extrême minorité, une minorité active politiquement. Mais que pourrions-nous mettre sur pied pour qu’il y ait plus de jeunes qui participent à la vie politique ? Vous-mêmes, vous pouvez être porte-parole dans vos relations, dans votre communauté, dans vos groupements.

Cinq valeurs me semblent essentielles : la citoyenneté, l’écoute, la participation, la communication, l’action. Mais on ne sait pas devenir porte-parole sans avoir pris en compte certains éléments. Pour moi, la base fondamentale, c’est de savoir ce qu’est la citoyenneté. Et je crois que dans cet apprentissage de la citoyenneté, il y a quelques points dont il faut tenir compte. Il faut d’abord connaître le fonctionnement des institutions, qu’elles soient locales ou internationales : il faut savoir ce qu’on peut y faire et à quoi ça sert, c’est un minimum. Il y a dans la citoyenneté, ce qui est fort important pour la Francophonie, des valeurs démocratiques de liberté, d’égalité des chances pour chacun, de solidarité, de justice et de paix.

Ce sont des bases pour les francophones que nous sommes, pour les pays que nous représentons, qui sont importantes à propager et à développer. Une chose aussi très importante, c’est l’écoute des autres, le respect d’autrui : accepter qu’un autre ait un avis complètement différent du vôtre. Il faut essayer de comprendre pourquoi il réagit de cette façon-là et essayer de voir les valeurs qu’il défend. Cela peut faire évoluer votre idée. Je crois que l’écoute et la tolérance sont extrêmement importantes dans l’action politique et l’initiation, la politique pour les jeunes. On ne naît pas citoyen par appartenance à une juridiction, on devient citoyen, ça demande un travail important de compréhension, d’effort, de tolérance.

Le deuxième aspect pour les jeunes c’est la participation. Cela peut être une participation dans des maisons de jeunes, dans des clubs de jeunes, dans des clubs sportifs, dans des conseils municipaux, régionaux ou provinciaux de jeunes, dans des Parlements de jeunes. La participation donne une visibilité à la jeunesse. La troisième chose essentielle c’est la communication qu’il faut essayer de développer, afin de pouvoir dialoguer et exprimer convenablement ses idées. Enfin, il y a l’action.Il faut agir de façon à ce que, dans votre pays, votre région ou votre commune, on puisse profiter de vos connaissances et qualifications.

Je crois que c’est important que vous participiez et essayiez de faire changer les mentalités des personnes un peu plus âgées et responsables dans une évolution de réflexion et de participation des jeunes. Vous devez vous imposer par votre qualité et votre sérieux et je crois que cela, vous l’avez. »

André Schneider, Président de la Commission politique de l’APF a poursuivit la discussion.

« Il y a eu une révolution culturelle dans les 35 dernières années, c’est la participation des élèves à la vie de leur école. Il y a eu les premiers conseils d’école, les premières coopératives de classe, etc. Les jeunes peuvent aujourd’hui dès l’âge de 10 ans participer à la politique, à la gestion de leur cité.

L’engagement public, soit associatif ou politique, doit répondre à un idéal : avoir envie de faire quelque chose avec et pour les autres.
La grande difficulté lorsqu’on est élu c’est la capacité de se mettre au niveau du plus grand nombre, parce que quand on est élu, on a certes été élu par une partie de la population, mais on est l’élu de tout le monde. Il faut toujours savoir faire en sorte de s’exprimer au niveau de son auditoire.

Quand j’ai accédé à des fonctions d’élu municipal, je me suis demandé quel était le meilleur vecteur pour essayer d’intégrer les jeunes le plus tôt possible dans la vie collective. C’était de créer des structures. Alors j’ai commencé dans le collège où j’étais professeur, par créer un conseil des délégués de classe, et comme à la même époque je suis devenu conseiller municipal de ma petite ville où se situe le collège, et bien je les ai amenés chaque année dans la salle du conseil municipal de la ville. Un maire voisin a été le créateur des conseils municipaux des enfants.

Après, j’ai créé un conseil municipal des jeunes. J’ai aussi créé, à l’image de ce que font nos amis en Afrique, un conseil des sages, c’est-à-dire pour les personnes âgées, celles qui ont l’expérience, le savoir et le temps, et le recul sur le temps. J’ai créé entre ces trois conseils, et l’authentique conseil élu, des liens intergénérationnels.

En politique, vous êtes confrontés à des égoïsmes, par exemple, des personnes âgées vont dire : « ah Monsieur le Maire, vous dépensez beaucoup trop d’argent pour les jeunes, le stade, les crèches, etc. ». Inversement, on ne comprend pas toujours aujourd’hui qu’on investisse énormément dans le social alors que, vous le savez bien, dans nos pays les personnes âgées vivent de plus en plus longtemps.
Je vous citerai Rabelais, il faut pratiquer l’innutrition : vous vous inspirez du dialogue et comme l’abeille fait son miel, vous en faites votre pensée.
Lorsque vous êtes élu local, la règle d’or dans la marche de cette Assemblée c’est le consensus le plus fort. Le prix à payer pour la démocratie c’est aussi ça, parce que si tout le monde était toujours d’accord avec tout, ça deviendrait aussi très gênant.

Alors que si vous restez humble, mais persévérant, vous pouvez passer à travers toutes les difficultés, du moment qu’on vous respecte pour ce que vous êtes, et qu’on vous apprécie pour ce que vous faites. »

Alassani Tigri, responsable de projet à l’Organisation internationale de la Francophonie, a conclu les discours.

« Le premier type d’outils c’est les actions menées par la Cellule jeunesse de la Francophonie. Le deuxième type d’outils c’est la mise en place actuellement d’un projet pilote appelé volontariat francophone de la jeunesse. Le troisième instrument c’est l’élaboration et la mise en œuvre d’une politique systématique d’éducation aux droits de l’Homme et à la citoyenneté.

S’agissant du premier instrument, la Francophonie aide les jeunes à se constituer un conseil national de la jeunesse.

S’agissant du deuxième instrument à savoir le volontariat des jeunes, l’esprit est de permettre aux jeunes de réaliser une expérience humaine, c’est de permettre aux jeunes de pouvoir bénéficier de structures qui leur permettent d’avoir une expérience professionnelle.

Le troisième instrument c’est une politique systématique d’éducation et de formation aux droits de l’Homme et à la citoyenneté.

Par rapport à cela, nous avons le Fond francophone d’initiatives, pour la démocratie et la paix. Concrètement c’est un appel à proposition. Tout jeune animant une organisation non gouvernementale dans l’espace francophone peut concevoir un projet de vulgarisation, de promotion des droits de l’Homme, et lorsqu’il présente ce projet, il peut être retenu et il a un financement.

Le deuxième élément que nous avons conçu à ce niveau-là aussi, c’est de permettre aux jeunes de pouvoir bénéficier chaque année de sessions de formation et de connaissance des instruments internationaux des droits de l’Homme.

Nous avons la conviction qu’une fois que les jeunes auront cette formation-là, ils pourront être d’une grande utilité parce qu’ils ont déjà l’enthousiasme et la sensibilité qui les portent à refuser l’injustice, qui les amène à croire que le monde peut être différent de ce qu’il est maintenant, c’est-à-dire un monde plus juste, plus solidaire, un monde où la différence est davantage acceptée. Nous pensons que ceux qui sont le plus à même d’intérioriser ces valeurs qui sont francophones, sont bien les jeunes. Pour qu’ils puissent être des acteurs de la gestion de la cité en ayant intériorisé ces valeurs, il faut leur donner la formation, il faut s’appuyer sur leur sensibilité naturelle.

Pour en savoir plus et les vidéos sur le site du Parlement francophone des jeunes

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