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« Les institutions parlementaires à Haïti après le tremblement de terre ». Intervention de la section canadienne

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal,
Monsieur le Président de l’APF,
Monsieur le Secrétaire général de l’APF,
Chers collègues parlementaires,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi d’abord de remercier les responsables de cette 36e Session d’avoir pris l’initiative d’ajouter ce point d’actualité à l’ordre du jour de nos délibérations parce que six (6) mois à peine après le terrible séisme, la question de la reconstruction d’Haïti demeure entière. C’est donc avec gratitude que je prends la parole devant vous aujourd’hui sur ce sujet, le Canada ayant grandement à cœur la question haïtienne.

Vous me permettrez de rappeler que, dès l’annonce du séisme en janvier dernier, le Canada a immédiatement réagi et mis en marche une réponse humanitaire sans précédent au pays. Les Canadiennes et Canadiens de toute provenance ont été d’une générosité remarquable, amenant même le gouvernement à doubler la mise des contributions au Fonds d’aide aux victimes du séisme en Haïti.

Ensemble, les Canadiens ont versé plus de 220 millions de dollars et le gouvernement du Canada s’est engagé à hauteur de 400 millions de dollars. Dans les jours qui ont suivi le séisme, près de 2 000 membres des Forces canadiennes et des employés civils ont été déployés dans la région de Port-au-Prince et à l’ouest de l’épicentre pour apporter les premiers secours, notamment au plan médical. Les nôtres ont aussi été très actifs et très utiles dans la région de Jacmel. En plus, près de 5 000 citoyens canadiens ont été rapatriés et plus de 200 enfants haïtiens ont rejoint leur famille adoptive au Canada.

Le gouvernement du Canada a aussi financé la construction d’une base temporaire pour le gouvernement haïtien à Port-au-Prince afin d’y accueillir les ministères et les fonctionnaires clés aux efforts de secours, de redressement et de reconstruction en Haïti. Le Canada a aussi coprésidé la Conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti avec les États-Unis et l’ONU et a été un acteur principal dans l’annulation de la dette d’Haïti auprès de la Banque mondiale.

Bien avant le séisme, Haïti était le premier bénéficiaire en importance de l’aide canadienne au développement dans les Amériques. Le Canada y travaille depuis longtemps et espère, comme le souhaitait hier le Président Wade, qu’ensemble nous arriverons à éradiquer la pauvreté, non pas seulement à la réduire.

En cinq ans, le Canada aura consacré plus d’un demi-milliard de dollars aux efforts de développement et de reconstruction en Haïti. Mais il reste encore tant à faire et il faudra y consacrer encore plus d’énergie au cours des prochaines décennies.

Heureusement, le Canada n’est pas seul à s’intéresser à l’avenir de ce haut-lieu de la francophonie dans les Caraïbes. C’est en partenariat et en concertation que nous devons tous contribuer activement à la reconstruction d’Haïti.

Je me réjouis grandement du fait qu’Haïti bénéficiera bientôt d’une oreille bien attentive dans toute la francophonie, puisque notre Gouverneure générale actuelle, son Excellence Michaëlle Jean, sera dès l’automne prochain la nouvelle émissaire spéciale de l’UNESCO afin de « soutenir les efforts de reconstruction des infrastructures patrimoniales et du réseau national d’éducation en Haïti ».

S’agissant de l’APF, j’aimerais aussi souligner que le Sénat du Canada a adopté, sous l’initiative de la Présidente du Réseau des femmes, mon Honorable collègue Rose-Marie Losier-Cool, une motion demandant au gouvernement du Canada de s’assurer que les femmes haïtiennes participent pleinement et équitablement à la reconstruction durable et à la vie économique, politique et sociale de leur pays.

Chers collègues de la francophonie, peut-on espérer que cette terrible catastrophe puisse devenir l’occasion d’un avenir meilleur pour la population haïtienne dont la résilience à inspiré tant d’auteurs qui en sont originaires. Unissons nos efforts pour faire en sorte que l’on n’oublie pas Haïti, ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain.

Merci de votre attention.

Andrée Champagne, Sénateur
Présidente de la section canadienne
Dakar, le 7 juillet 2010

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