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L’APF en Mauritanie et en République démocratique du Congo

Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, a déclaré « j’attends que l’APF continue à jouer son rôle de vigie de la démocratie. Elle a, dans ce domaine de la démocratie et des droits de l’Homme, des atouts irremplaçables : la légitimité des élus, l’expérience pratique de la vie démocratique, une grande liberté politique qui donne une véritable force à ses interventions. » Guy Nzouba-Ndama, Président de l’APF, nous parle des deux dernières actions de celle-ci.

- Monsieur le Président, vous sembliez réticent à répondre à nos questions sur les deux plus récentes activités de l’APF ce trimestre - la récente mission d’information en République démocratique du Congo (RDC) et le séminaire en Mauritanie...

Guy Nzouba-Ndama : Pas du tout, nous sommes entièrement transparents ! Je n’ai pas l’habitude de me soustraire aux questions… Plutôt que d’aborder ces deux événements de manière distincte, je souhaitais simplement les restituer dans une logique plus générale !

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Qu’entendez-vous par là ? Il s’agit à première vue de deux activités totalement différentes, l’une politique, l’autre technique.

Guy Nzouba-Ndama : Certes ! La mission d’information et de contact en RDC avait pour principal objectif de renouer, après les scrutins de l’an passé et la réintégration de notre section du Congo RDC dans notre Assemblée, un premier contact avec les autorités politiques de la RDC, notamment parlementaires, et de s’entretenir de la situation politique, économique et sociale avec les différents acteurs de la société civile et les organisations internationales présentes sur place. Je me suis rendu à Kinshasa à la fin du mois de septembre avec Jacques Legendre, Secrétaire général parlementaire de l’APF et sénateur français, ainsi que Freddy Deghilage député (Belgique/Communauté française/Wallonie), chargé de mission Europe de notre Assemblée.

Cette mission s’est entretenue notamment avec Antoine Gizenga, Premier ministre, Léon Kengo Wa Dondo, Président du Sénat, Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale, les membres du Bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat, les présidents de groupes politiques de l’Assemblée nationale, William Lacy Swing, chef de la Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), de nombreux acteurs de la vie politique et sociale en RDC, et les représentants diplomatiques de l’Ambassade de France, du Gabon et de la délégation de la Communauté française/Wallonie-Bruxelles. Et ce dans un contexte sécuritaire marqué par de graves événements dans les Kivus et en Ituri. Nous tenions à apporter le concours de notre Assemblée au retour définitif à la paix et à la stabilité en Afrique centrale. C’est aussi dans cette optique que nous réunirons notre prochain Bureau d’hiver à Bujumbura (Burundi).

- Alors que le séminaire en Mauritanie se voulait essentiellement technique ?

Guy Nzouba-Ndama : Certes, il s’agissait ce mois-ci, les 5 et 6 décembre pour être précis, de réunir autour des parlementaires mauritaniens certains de leurs collègues venus de tout l’espace francophone pour échanger sur les thèmes du rôle du parlementaire, de la fonction de contrôle, de la fonction publique parlementaire et de la diplomatie parlementaire.

Il a réuni autour de six parlementaires (Outmane Djame, député (Tchad), Seydou Diouf, député (Sénégal), Blagoj Zasov, député (ex République yougoslave de Macédoine), Michel Sapin, député (France), Johanne Gonthier, députée (Québec), Madeline Dubé, députée (Nouveau-Brunswick)) plus d’une centaine de parlementaires de la Mauritanie. L’étude de chaque thème a permis d’obtenir une approche comparée qui a suscité un débat riche et approfondi.

- Nous n’en doutons pas. Mais quel rapport entre ces deux actions, plus précisément ?

Guy Nzouba-Ndama : Il est dans le continuum des modalités d’intervention de l’APF : que les actions soient jugées techniques ou politiques, elles ont toujours pour but de favoriser le retour, toujours perfectible, à une vie parlementaire apaisée. Quels que soient les moyens utilisés, ils sont toujours au service d’une même cause !

- Pourriez-vous être plus précis ?

Guy Nzouba-Ndama : Bien sûr ! Notez d’abord que j’aurais pu prendre d’autres exemples récents pour vous expliquer ma conception des choses, comme ceux d’Haïti ou de la RCA. Vous savez tous que nous n’hésitons pas à suspendre certaines de nos sections, notamment lorsque l’ordre constitutionnel d’un Etat est renversé ou que le parlement de cet Etat est dissous ou privé de ses pouvoirs. Mais cette attitude n’est pas, loin s’en faut, l’expression d’un rejet, mais bien au contraire la volonté de rassembler autour des valeurs qui nous sont chères : la Commission politique et notre Bureau se tiennent constamment informés de l’évolution de la situation politique sur place, et ces Etats sont prioritaires lorsque l’OIF nous sollicite pour des missions d’observation des élections. Et donc, c’est tout naturellement, une fois la mesure de suspension levée par notre Assemblée, que nous souhaitons effectuer sur place des missions d’information, et que nous jugeons également prioritaires ces parlements lorsque notre Bureau examine les demandes de coopération qui lui sont soumises. La coopération parlementaire est ainsi progressivement devenue un outil de l’action politique de l’APF.

- Donc, pour la RDC, un séminaire prochainement, si je vous comprends bien ?

Guy Nzouba-Ndama : Deux séminaires même ! Le Réseau des femmes parlementaires tient lui aussi à intervenir en RDC…et, réciproquement, avant notre séminaire à Nouakchott, notre Secrétaire général administratif y avait effectué une mission d’information ! Tout se tient.

Léon Kengo Wa Dondo, Président du Sénat (RDC),
Guy Nzouba-Ndama, Président de l’APF et Président de l’Assemblée nationale (Gabon),
et Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale (RDC).

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