Ressources

Jacques Chagnon et Joël Bourdin, les deux rapporteurs de l'Avis qui sera produit au Sommet de Bucarest résument les tenants et aboutissants de leur travail

- L’APF remet un Avis sur le thème du Sommet. Pourquoi deux rapporteurs cette année ?

JPEG - 35.2 ko
M. Jacques Chagnon
présentant le projet d’Avis
en séance plénière à Rabat

Jacques Chagnon : L’Avis porte à la fois sur l’éducation et les nouvelles technologies et Joël Bourdin et moi-même avons chacun une connaissance particulière de ces domaines. Joël Bourdin a en effet participé aux Sommets mondiaux sur la société de l’Information à Genève (2003) et Tunis (2005). J’ai quant à moi été Ministre de l’Education de Québec et rapporteur de l’Avis de l’APF sur la diversité culturelle en 2002. C’est pour ces raisons que la commission de l’éducation, de la culture et de la
communication a souhaité jumeler nos expériences. Et nous sommes par ailleurs amis, ce qui ne fait que rendre plus agréable et fructueuse notre collaboration.

- Serez-vous à Bucarest ?

Joël Bourdin : Jacques Chagnon a été invité à y participer par son Premier ministre comme membre de la délégation de Québec, mais je n’y serai pas, car la délégation de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie est limitée à quatre personnes. Peu importe, vous savez : l’essentiel est que notre texte soit lu et adopté et que l’APF puisse exprimer son point de vue devant les chefs d’Etat et de gouvernement. Nous n’avons pas eu de difficultés à convaincre à Rabat. J’espère de tout cœur qu’il en sera de même en Roumanie. En tout cas nous nous réjouissons que le Sommet se tienne, pour la première fois, en Europe centrale et orientale.

- 
Ce que vous dénoncez dans votre état des lieux est-il particulièrement grave ?

Jacques Chagnon : Depuis une vingtaine d’années déjà, la plupart des pays du globe ont affirmé leur volonté de juguler l’analphabétisme. Au Sommet de Dakar, en avril 2000, des engagements ont été pris envers l’ « Éducation pour tous » (EPT) avec l’ambition que ce problème soit réglé à l’horizon 2015. A moins de dix ans de cette échéance, on estime que 28 pays n’atteindront aucun des objectifs fixés à Dakar. Or, parmi ces 28 pays, 16 sont membres de la Francophonie.

- Que demande l’APF aux chefs d’Etat ?

JPEG - 26.6 ko
M. Joël Bourdin

Joël Bourdin : L’Assemblée parlementaire de la Francophonie demande aux uns et aux autres d’être cohérents. Il faudrait d’une part que la part de l’aide internationale consacrée à l’éducation soit plus importante. A l’heure actuelle, elle est de 2% seulement. Or on estime que la lutte contre l’analphabétisme ne sera efficace que si l’on mobilise 5% de cette aide, soit 7 milliards de dollars.

D’autre part, l’APF propose de moduler l’aide aux pays en fonction des efforts de chacun d’entre eux en matière d’éducation. On demande ainsi que 5% minimum du PIB soit consacré à la formation de base.On souhaiterait par ailleurs s’entendre sur la formation d’un nouvel opérateur de la Francophonie qui prendrait en charge la question des nouvelles technologies : l’INTIF ? (Institut francophone des technologies de l’information et de la formation).

- Un nouvel opérateur, n’est-ce pas multiplier les structures ?

Joël Bourdin : Non, il est très important d’avoir une unité de pensée pour rendre nos actions efficaces et coordonnées.

Jacques Chagnon : Eduquer grâce aux nouvelles technologies de l’information, ce n’est pas une lubie des pays du Nord : si l’on n’utilise pas ces moyens, l’écart entre pays du Nord et pays du Sud continuera à s’aggraver. Le cyberespace est par ailleurs en grande partie anglophone, donc il est urgent que la Francophonie s’implique.

Lire :l’Avis de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie sur le thème du Sommet : "Les technologies de l’information dans l’éducation".

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer