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Intervention de M. Ngo Quang Xuan (Vietnam), député, Vice-président de l’APF, Président de la section vietnamienne de l’APF

Cher Monsieur Guy Nzouba-Ndama, Président de l’Assemblée
Nationale du Gabon et Président de l’Assemblée parlementaire de la
Francophonie,
Cher Monsieur Bemard Accoyer, Président de l’Assemblée
Nationale française,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

C’est pour moi un grand honneur d’être ici parmi vous et de pouvoir
partager avec vous notre point de vue sur la crise économique actuelle ainsi
que les expériences du Vietnam en traversant cette crise.

Je me permets, tout d’abord, de saisir de cette opportunité pour
adresser mes remerciements à Monsieur Bernard Accoyer, Président de
l’Assemblée nationale française, pour nous avoir invité à participer à cette
Session et nous avoir offert cette précieuse occasion d’échange.

Monsieur Guy Nzouba-Ndama,
Monsieur Bemard Accoyer,
Chers Mesdames et Messieurs,

Notre planète est en train de traverser une des plus graves crises
économiques et financières depuis son existence. Tous les pays dans le
monde, y compris les pays membres de la Francophonie, ont été touchés
par cette crise. Selon les estimations de l’0rganisation des Nations Unies
en mai 2009, l’économie mondiale devrait baisser de 2,6% cette année,
contre -0,5% selon les estimation de janvier ; et le revenue mondial moyen
par habitant connaîtra une chute de 3,7%. Les statistiques données par la
Banque Mondiale n’ont pas été plus optimistes. Selon elle, l’économie
mondiale en 2009 serait de -2,9%. Les experts de l’ONU ont également
déclaré que "les psys en développement" sont les plus directement touchés
par cette récession, et, même si les politiques adoptées pour répondre aux
effets de cette crise portaient leurs fruits, une reprise modérée ne serait
envisageable qu‘à partir de 2010. » La Banque centrale des Etats
de l’Afrique de l’0uest (BCBAO) a récemment indiqué que l’impact de
cette crise se fait de plus en plus pesant sur les économies des Etats de
l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), et que les
prévisions de croissance économique des pays membres de cette Union ont
été révisées de 4,7% à 3,5% cette année.

Le Vietnam, à son tour, est également touché par la crise. Sa
croissance économique a été revu de 6,5% à 5% ; le taux de chômage est
passé de 4,7% en 2008 à 8,2% en 2009 ; les investissements directs
étrangers sont prévu de chuter 70%, atteignant seulement 2,2 milliard de
dollars ; le pouvoir d’achat de la population s’est fortement dégradé et la
mobilisation des capitaux pour les investissement devient de plus en plus
difficile. En plus, les marchés d’exportations ne cessent de se rétrécir et les
entreprises, dans tous les secteurs et en toutes tailles, ont des énormes
difficultés.

Alors la question d’actualité pour nous tous c’est « Quelles seront les
choix stratégiques que nous, en tant que délégués de notre peuple, devrons
opter pour faire face à cette crise tout en ciblant les objectifs de
développement de long terme ? »

Le Vietnam, en tant que membre de PASEAN, s’est efforcé avec
d’autres pays dans la région d’accorder une priorité à la coordination de
nos actions et politiques en vue de poser les fondations d’un
développement durable sur la base d’une économie saine et des valeurs
culturelles traditionnelles, ainsi qu’à promouvoir la coopération et
l’alliance régionale pour traiter ensemble les effets de cette crise.
Le Vietnam et les pays membres de PASEAN sont également
conscients que les effets de cette crise se font particulièrement ressentir
dans les secteurs tournés vers les exportations, et que ces secteurs, en effet,
constituent depuis des années le facteur clé de notre croissance
économique. Notre dilemme est alors de chercher une solution pour d’une
part, saisir de cette opportunité pour re·structurer nos économies et les
rendre de plus en plus compétitives sur le marché mondial, et d’autre part,
de continuer à soutenir le développement de ces secteurs en vue de
préserver les emplois et maintenir la stabilité politique et sociale de la
région.

Dans ce contexte, le Vietnam a choisi de mettre en place d’un plan
de relance économique d’0rdre de 8 milliards de dollars américain, et en
même temps, il a opté les mesures suivantes :
- Mettre en place des politiques monétaires exhaustives ;
- Mieux contrôler et améliorer l’efficacité des dépenses budgétaires et
de minimiser les coûts administratifs ;
- Continuer à développer la production industrielle, agricole et les
services et assurer la stabilité de la balance commerciale ;
- Maintenir la stabilité des prix, notamment les prix des produits
alimentaires en vue d’assurer la sécurité alimentaire et d’éviter toute
possible catastrophe humanitaire ;
- Promouvoir davantage les exportations et bien contrôler
l’importation ;
- Encourager la population à économiser, notamment en matière
d’énergie ;
- Renforcer la gestion du marché et les mesures visant à assurer la
stabilité de vie de la population, les capacités de production du pays et la
sécurité sociale.

Le Vietnam a aussi réaffirmé son engagement à continuer à réaliser
les objectifs du Millénaire pour le développement, notamment la réduction
de la pauvreté ; à continuer son processus d’intégration régionale et
mondiale ; à améliorer son environnement juridique et efficacité des
institutions étatiques.
Notre but final est d’obtenir une croissance
économique durable, la justice et le progrès social, la cohésion nationale et
la viabilité de l’environnement pour aujourd’hui et pour demain.

Monsieur Guy Nzouba-Ndsma,
Monsieur Bernard Accoyer,
Chers Mesdames et Messieurs,

L’ampleur de cette crise nous a montré à quel point l’économie
mondiale est fragile et à quel point l’inter·connectivité entre nos économies
est importante. Elle a également remis en cause les modèles de
développement économique tellement vantées par les pays occidentaux.

Nous, les pays de l’OIF, devons saisir de cet opportunité pour montrer que
cette crise ne doit pas, en aucune manière, constituer un empêchement à
notre développement économique. Elle ne doit pas non plus remettre en
cause les réalisations que les acteurs économiques francophones ont pu et
su créer ensemble depuis plusieurs décennies. Nous devons ensemble
discuter pour trouver le modèle de développement le plus approprié à
chaque pays membre, ainsi que cherche des solutions pour donner un
nouveau souffle à notre économie, pour promouvoir davantage la
coopération Nord-Sud et Sud·Sud, toute en préservant notre identité
culturelle traditionnelle et nos valeurs nationales.

Je vous remercie.

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