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Editorial

Par Didier Berberat, président de la CECAC, conseiller aux Etats (Suisse)

L’avenir du français se joue maintenant et la vigilance des parlementaires est
requise pour assurer son devenir : c’est le message essentiel retenu par les
membres de la Commission de l’éducation, de la communication et des affaires
culturelles (CECAC) réunis à Québec, les 30 et 31 janvier dernier en conclusion de
leurs débats sur la langue française.

La commission a entendu Alexandre Wolff, de l’Observatoire de la langue française
et Richard Marcoux de l’Observatoire démographique et statistique de l’espace
francophone. Ces experts ont présenté le dernier rapport sur la langue française
dans le monde. Les informations qui nous ont été communiquées parlent d’ellesmêmes
 : actuellement, selon des estimations conservatrices, le monde compte
220 millions de francophones (soit 3% de la population mondiale).

Tous les
facteurs sont réunis pour assurer un accroissement de ce nombre à 700 millions
en 2050 (soit 8% de la population mondiale). Attendu que le français enregistre
des reculs en Europe et en Amérique, notamment en raison du ralentissement
de la croissance démographique et des replis de l’enseignement du français,
c’est en Afrique, dans un contexte multilingue, que pourrait se retrouver 85%
des francophones en 2050, dont 90% des jeunes âgés entre 15-29 ans. C’est dire
l’importance que revêt l’enseignement du et en français sur ce continent. M.
Marcoux a ajouté que dans plusieurs pays, le nombre de locuteurs francophones
s’est accru avec l’élargissement de l’accès à l’éducation en français : ainsi, au Mali,
le nombre de francophones sachant lire et écrire est passé de 66 000 en 1960 à
2,2 millions en 2009, et ce alors que trois quarts des filles des régions rurales n’ont
malheureusement toujours pas accès à l’éducation, ce qui est très inquiétant. Les
recherches effectuées par des démographes africains indiquent que la situation
est la même au Sénégal, au Burkina Faso et au Bénin. Il est donc primordial que les
efforts pour atteindre les objectifs du millénaire en matière d’éducation soient
non seulement poursuivis, mais encore renforcés, et qu’une attention toute
particulière soit portée à l’enseignement du et en français.

Quant à l’utilisation du français dans les organisations internationales, nous avons
été informés par M. Wolff, du non-respect par plusieurs pays de la Francophonie
des obligations prescrites par le Vade-mecum sur l’utilisation du français dans
les organisations internationales. L’APF a déjà adopté des résolutions demandant
fermement aux États de la Francophonie d’enjoindre à leurs représentants, de
respecter strictement les dispositions de ce texte. Les parlementaires se sont
engagés lors de l’Assemblée plénière de Dakar, et lors de la réunion de la CECAC
à Québec, à interroger leurs autorités nationales sur cette question.
La langue et la culture françaises sont promises à un bel avenir si nous,
Francophones, avons confiance en elle et savons lui donner les chances qu’elle
mérite. Ayons toujours à l’esprit cette phrase du Secrétaire général de la
Francophonie, Abdou Diouf : «  Ce qui menace d’abord une langue, c’est l’idée chez
ses locuteurs, qu’il ne sert à rien de la promouvoir
. »

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