Ressources

Diversité linguistique, un ciment qui nous lie !

A l’heure où Rabat va accueillir la XXXIIème Session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, Abdelwahad Radi, Président de la Chambre des Représentants marocaine, évoque les enjeux de cette réunion pour son pays.


Pourquoi avoir invité l’APF à Rabat en 2006 pour sa XXXIIème Session ?

JPEG - 39.1 ko
M. Abdelwahad Radi

Abdelwahad Radi : Il faut une occasion, nous fêtons cette année le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Royaume du Maroc, c’est le moment de dresser un bilan - extrêmement positif - de l’évolution de notre système politique, en termes de consolidation de la démocratie notamment. Le Parlement marocain s’est toujours posé en défenseur des droits de l’Homme et de la liberté sous toutes ses formes (liberté d’expression, d’association, d’appartenance, de contestation...). Il a légiféré sur ces libertés pour mieux les organiser, afin que notre pays se hisse au rang des premières nations démocratiques, dans le cadre d’une monarchie constitutionnelle qui fait aujourd’hui l’unanimité.

Mais cette occasion répond aussi à notre désir profond de démontrer notre attachement à la Francophonie, aux valeurs de coopération, d’ouverture, de tolérance qu’elle prône, notre attachement à l’Organisation internationale de la Francophonie et à sa structure parlementaire notamment. Et pourquoi ne pas le cacher : le Maroc n’avait jamais accueilli une Session de l’APF, il y avait une demande, je remercie tous les parlementaires qui l’ont formulée, le Maroc a fait honneur à sa tradition d’hospitalité.


Mais une Session de l’APF, pour quoi faire ?


Abdelwahad Radi
 : Après l’année 2005, marquée par l’adoption de la convention sur la diversité culturelle, l’APF a choisi de rappeler que la diversité linguistique en est une composante essentielle.

La diversité linguistique, nous la vivons quotidiennement au Maroc : les Marocains pratiquent l’arabe, mais aussi l’amazighe dans ses différentes variantes, l’espagnol, et bien sûr le français, que nous utilisons dans les relations internationales, au niveau culturel et dans notre vie économique. Pour nous, c’est un instrument précieux que nous utilisons presque spontanément, sans même nous en rendre compte. C’est donc une des langues de la communication, mais aussi une langue de l’action, car vous le savez, le français est parlé sur tous les continents : en Amérique, en Afrique, en Europe, en Asie et dans le Pacifique. Avec nos amis lusophones, nous échangeons la plupart du temps en français.

Mais au-delà de la langue, le français c’est aussi des valeurs communes que nous portons, que nous voulons préserver, un ciment qui nous lie. Ce sont aussi des relations personnelles que nous avons tissées au fil des ans. Le fait de nous rencontrer nous permet de nous conforter, d’échanger. Je suis particulièrement heureux d’accueillir à Rabat des personnalités aussi diverses et représentatives que Bernard Patry, notre Président canadien, Jacques Legendre, qui a tant fait pour la promotion de la diversité culturelle, mon homologue du Gabon bien sûr, Guy Nzouba Ndama, et tous nos collègues parlementaires : cela sera un formidable moment d’échange.

C’est donc une réaction au caractère dominant de l’anglais ?

Abdelwahad Radi : Pas du tout. L’anglais est certes une langue dominante, je regrette d’ailleurs que certains francophones en fassent un usage parfois intensif ; mais il ne faut pas négliger les autres langues, dont la préservation et la promotion sont essentielles pour conserver intacte la richesse de notre patrimoine commun. Parlons toutes les langues, cela ne peut que nous enrichir.

Quelle image souhaiteriez vous que les parlementaires du monde entier remportent du Maroc ?


Abdelwahad Radi
 : Il ne s’agit pas d’une image, mais d’une réalité : le Maroc est un pays solide économiquement, dont la population gagne son pain à la sueur de son front, parce qu’il a peu de richesses naturelles. Ce n’est pas un pays rentier. C’est un pays qui veut s’ouvrir résolument au reste du monde, notamment à l’Union européenne, dans la perspective d’un prochain accord de libre échange à l’horizon 2010.

Mais aussi à tous ceux qui partagent avec lui les valeurs de paix, de prospérité partagée, d’ouverture et de tolérance. Accueillir les membres de l’APF à Rabat est pour nous un signe fort que nous faisons à la famille francophone ; nous recevons, en échange, de sa part, un témoignage de reconnaissance et de confiance. Je souhaite que cette session soit fructueuse !

Bienvenue au Maroc à tous nos amis parlementaires !

- Entretien vidéo : un entretien avec le Président Abdelwahad Radi est également disponible en vidéo, sur le site.

- Système institutionnel du Maroc

Les réformes initiées par SM Hassan II depuis le début des années 1990 ont été couronnées par l’adoption, par voie de référendum, d’une nouvelle constitution en 1996 et la nomination, en 1998, d’un gouvernement « d’alternance » dirigé par une personnalité de gauche et associant les principales formations de l’opposition : Union Socialiste des Forces populaires, Parti de l’Istiqlal, Parti du progrès et du socialisme. La nouvelle constitution institue notamment l’élection de tous les députés au suffrage universel direct, le bicamérisme et la décentralisation.

Le nouveau Roi SM Mohammed VI apporte son soutien actif au mouvement de réforme institutionnelle, politique et initie de nombreux chantiers socio économiques, dans le cadre réaffirmé d’une monarchie constitutionnelle et démocratique. Il approfondit et accélère le mouvement de réconciliation, en créant notamment l’IER (Instance Equité et Réconciliation).

Le Parlement est composé de deux assemblées : la Chambre des Représentants et la Chambre des Conseillers qui disposent toutes deux de pouvoirs législatifs et de contrôle d’égale importance, bien que la Chambre des Représentants ait « le dernier mot ». Les 325 membres de la Chambre des Représentants sont élus pour cinq ans au suffrage universel direct.

Les élections législatives de 2002 se sont traduites par la consécration d’une majorité de coalition regroupant le centre droit et le centre gauche (Union Socialiste des Forces populaires, Parti de l’Istiqlal, Rassemblement national des Indépendants, Mouvement national populaire, Mouvement populaire, Parti du progrès et du socialisme), et l’émergence d’une opposition partagée entre les tendances islamistes (42 députés), de droite libérale (22 députés) et de gauche radicale (3 députés).

Elles ont également été marquées par une forte augmentation du nombre de femmes parlementaires, au nombre de 38, dont 35 députées.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts.     En savoir plus...Fermer