Instances

Discours de M. Yves Sahinguvu, Premier Vice-président de la République du Burundi

[Salutations ...] Nous voudrions rendre hommage à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie qui, comme déjà rappelé, regroupe actuellement soixante-quatorze parlements et/ou organisations interparlementaires répartis sur les cinq continents.

Oui rendre hommage à cette institution pour avoir déjà à son actif une contribution très appréciée à la promotion de la démocratie dans le monde, à la défense de l’Etat de droit, au respect des Droits de l’Homme, au rayonnement international de la langue française et à la valorisation de la diversité culturelle qui nous unit à travers le monde.

A cet égard, nous tenons à vous réitérer notre attachement aux valeurs de la Francophonie et notre détermination à soutenir davantage les relations d’amitié et de coopération qui lient notre pays à ses organismes divers.

L’attachement du Burundi à la Francophonie est d’autant plus une réalité et remonte à plusieurs années, que notre pays, le Burundi, est un des membres fondateurs de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Aujourd’hui encore, le saviez-vous, le souvenir des prestations de la délégation burundaise à la Session du 20 mars 1970 à Niamey lorsque fut signée la convention qui créa I’ACCT (1a grand-mère de 1’OIF) est encore vif dans la mémoire des Burundais.

Depuis ce temps, notre pays n’a jamais cessé d’entretenir une coopération fructueuse avec l’Organisation. Cela nous a permis de réaliser des avancés significatives dans les domaines d’intervention de 1’O1F.

C’est pourquoi, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, du Gouvernement, du peuple burundais et en nom propre, nous voudrions profiter de cette occasion pour exprimer à l’Organisation et l’Assemblée parlementaire de la Francophonie nos sincères remerciements et notre profonde gratitude pour l’intérêt et le soutien indéfectible toujours manifestés envers notre pays.

Des actions concrètes l’ont prouvé, et sans être exhaustif, je m’en vais en rappeler quelques-unes parmi celles qui ont le plus retenu notre attention comme « la création des centres de lecture et d’animation culturelle, la mise à la disposition du Burundi de quelques bourses d’études pour jeunes chaque année, l’effectivité de l’Université Francophone Virtuelle inaugurée Bujumbura par le Secrétaire général de l’OlF lui-même en 2006 et l’étude d’un projet similaire pour la formation à distance des enseignants du primaire, le renforceraient des capacités de quelques instances judiciaires », pour ne citer que celles-là.

Par ailleurs, l’Organisation a manifesté sa solidarité avec le Burundi pendant ses moments difficiles. Ainsi l’a-t-on vue plaider avec détermination pour le rétablissement de la légalité constitutionnelle, accompagner de très près le processus de paix depuis les négociations d’Arusha, contribuer à la réhabilitation de quelques écoles qui avaient été détruites pendant la crise et suivre le déroulement de tout le processus électoral de 2005 qui a abouti à la mise en place des institutions démocratiques actuelles.

Le Burundi qui abrite les travaux de votre session d’aujourd’hui est un pays en situation post-conflit armé. Dans ce pays, les institutions mises en place après des élections libres, démocratiques et transparentes sont à l’oeuvre pour consolider la paix retrouvée ; le parlement du Burundi, avec votre soutien, contribue autant qu’il peut à cet autre processus, et nous avons même bénéficié d’un soutien substantiel du fonds fiduciaire des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

Nous voudrions nonobstant solliciter davantage votre solidarité pour aller de l’avant, car nous en avons encore besoin.

En effet, malgré les avancées significatives déjà enregistrées sur le chemin de la paix, des embûches sur le parcours subsistent :
- Du fait du retard mis dans la mise en application des accords de paix signés avec le Palipehutu/FNL, des pêcheurs en eau trouble en profitent pour couvrir des crimes de violation de droits de l’Homme, pour retarder le désarmement de la population, le processus Démobilisation Désarmement Réintégration (DDR) et la réconciliation définitifs.
- L’aide qui vous est demandée est d’user de votre influence et autorité pour amener ce mouvement à rejoindre le terrain de la mise en application de ces accords.
- Aujourd’hui, après plus de douze ans de crise politique et institutionnelle, le Burundi a perdu beaucoup de son élan de développement. Aujourd’hui, l’aide qu’il reçoit de ses partenaires traditionnels ne peut pas suffire pour nous remettre fermement sur les rails.

Ici, l’appui qui vous est encore demandé est de déployer les efforts dont vous êtes capables pour contribuer à l’élargissement du cercle des bailleurs de fonds du Burundi.

Voilà par quelles voies votre solidarité pourra nous accompagner avec succès dans la consolidation de la paix au Burundi.
Quant aux travaux qui vont vous occuper pendant tout le temps de votre séjour à Bujumbura, nous vous les souhaitons fructueux ; qu’ils participent à faire franchir de nouvelles étapes à votre Organisation. Le parlement burundais et toute la nation s’en trouveront édifiés.

Nous croyons à la prééminence du rôle des parlements dans la consolidation de la paix, dans la réalisation du progrès tant attendu par les peuples Africains et de la concorde nationale et internationale.

Vive la Francophonie !
Vive la coopération internationale !
Que Dieu vous bénisse ! Je vous remercie.

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