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Discours de M. Pie Ntavyohanyuma, Président de l’Assemblée nationale du Burundi

[Salutations ...] Le choix du Burundi pour abriter les assises du Bureau de l’APF n’est pas un fait du hasard ; il s’inscrit dans la logique de la Communauté francophone qui a toujours soutenu notre pays, même au moment où il connaissait une des crises les plus aiguës de son histoire.

En effet, la Communauté francophone s’est investie pour contribuer au retour à la paix et au processus démocratique dans notre pays.

Depuis l’éclatement de la crise socio-politique au Burundi le 21 octobre 1993, déclenchée par l’assassinat du premier Président démocratiquement élu, feu Son Excellence Melchior Ndadaye, les parlements de la Communauté francophone se sont toujours montrés disponibles pour aider les autorités burundaises à sortir de cette crise et pour rétablir les institutions démocratiquement élues.

Cela est attesté par les différentes missions exploratoires effectuées par les délégations parlementaires de notre Communauté en 1995 en vue de s’enquérir de la situation socio-sécuritaire qui prévalait et arrêter des mesures appropriées. Nous rappelons notamment la mission qui a été effectuée par la délégation dont faisait partie l’honorable Secrétaire général parlementaire Jacques Legendre ici présent au terme de laquelle, un communiqué a été publié invitant à la modernisation et condamnant fermement « tous ceux qui, par leur agissement, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, mettait en péril le retour à la paix et à la stabilité dans la région ».

Dans sa réunion des 21 et 22 janvier 2004 à Cayenne (Guyane), le Bureau de l’APF, dans sa résolution sur le Burundi, réaffirma son soutien aux différentes réformes prévues par le processus de paix et de réconciliation de l’Accord d’Arusha du 28 août 2000. « Il appela instamment le Palipehutu-FNL à suspendre les actes de guérilla et d’entreprendre des négociations de paix avec les autorités de transition pour aboutir à un cessez-le-feu complet et définitif. Il exhorta également les Etats membres de la Francophonie à reprendre la coopération économique et financière avec le Burundi et la Communauté des donateurs à accélérer le versement des contributions annoncées à Paris et Genève, afin de soutenir la relance économique et la mise en application des différents accords de paix signés au Burundi. »

La présence ici d’éminents représentants de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie venus des cinq continents est un signe éloquent que notre pays a retrouvé son nom dans le concert des Nations et en particulier dans le concert de la Communauté francophone.

Nous savons que la raison qui a poussé l’APF à organiser ses assises à Bujumbura est de continuer à apporter son concours au retour définitif de la paix et de la stabilité dans notre pays et pourquoi pas dans notre sous-région de l’Afrique centrale marquée ces derniers temps par de graves événements d’insécurité comme en République démocratique du Congo.

Nous nous réjouissons qu’un accord de paix vient d’être signé à Goma (Est de la République démocratique du Congo) ce 23 janvier 2008 entre les différents belligérants.
Nous rappelons qu’une délégation conduite par notre Président Son Excellence l’Honorable Guy Nzouba-Ndama a séjourné récemment et n’a pas manqué d’y imprimer sa marque en impulsant un mouvement de négociations qui ont abouti à cet accord conclu après deux semaines de laborieuses tractations.

Le choix des thèmes à analyser dans cette réunion, tels que « les situations de crise que traversent certains pays francophones, la coopération interparlementaire conduite en faveur des pays en sortie de crise, la mise en œuvre de la Convention sur la diversité culturelle,… » est à ce sujet significatif.

Nous sommes convaincus que les exposés qui seront présentés et les débats qui s’en suivront permettront de dégager des recommandations et des résolutions qui contribueront au retour à la paix des pays en crise dans l’espace francophone.

Notre vœu en outre est que les liens d’amitié et de coopération entre l’Assemblée parlementaire de la Francophonie et notre jeune Parlement soient approfondis et consolidés pour que ce dernier améliore son fonctionnement et multiplie les échanges d’expériences avec d’autres parlements de la famille francophone.

Vive l’Assemblée parlementaire de la Francophonie !
Vive la diplomatie parlementaire !

M. Pie Ntavyohanyuma,
Président de l’Assemblée nationale du Burundi

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