Instances

Discours de M. Jean-Charles Luperto, président du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles

Monsieur le Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie,
Mesdames et Messieurs les Vice-Présidents de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie,
Messieurs les Présidents des Assemblées parlementaires du Bénin, du Burkina Faso, du Burundi, de Centre-Afrique, de la Côte d’Ivoire, de la République Démocratique du Congo, du Gabon, du Niger, de Québec, du Tchad et du Togo,
Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie,
Monsieur le Secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie,
Monsieur le Premier Ministre,
Monsieur le Ministre-Président,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Monsieur le Président de la Section APF Belgique – Communauté française Wallonie-Bruxelles,
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,
Chers amis de la Francophonie,

C’est un honneur et un plaisir de vous accueillir à Bruxelles pour la tenue de la 38ème session de l’Assemblée générale de l’APF. Ce lieu exceptionnel que constitue le Palais d’Egmont, patrimoine de l’Etat fédéral, est un lieu qui sied parfaitement à la tenue de cette séance solennelle en ce 11 juillet, jour qui est aussi le jour officiel de la Fête de la Communauté flamande en Belgique.

Comme j’ai eu l’occasion de le signaler à la Présidente du Sénat lors de notre visite au Parlement fédéral, ce lundi, n’y voyez aucun signe de provocation. C’est un hasard du calendrier.

La Francophonie est un ardent défenseur de la diversité culturelle et de la diversité linguistique. Défendre le français et la Francophonie, c’est aussi défendre l’usage des autres langues. En célébrant aujourd’hui, par la tenue de l’Assemblée générale, la Francophonie parlementaire, nous marquons aussi notre attachement à la défense des autres langues. Qu’il me soit donc permis d’affirmer que défendre le français, c’est aussi défendre, en Belgique et ailleurs, le néerlandais et les néerlandophones. J’irai d’ailleurs porter ce message en me rendant ce matin à l’Hôtel de Ville de Bruxelles pour les célébrations de la Fête flamande, après quoi je vous rejoindrai bien entendu.

Mesdames et Messieurs,

La thématique de travail retenue pour les travaux de notre Assemblée générale me semble pertinente et particulièrement bien choisie.

Après la révolution industrielle des 18ème et 19ème siècles où un nombre considérable de pays ont connu une profonde mutation caractérisée par d’importantes innovations techniques, ayant elles-mêmes entraîné de fortes modifications dans le monde du travail et de la production ainsi que dans les rapports sociaux, le monde d’aujourd’hui vit sans doute la plus invraisemblable des révolutions technologiques, scientifiques, de la connaissance et de l’information.

Mais aussi exceptionnels que soient ces bouleversements, ces changements et ces mutations de nos sociétés, elles ne sont pas sans susciter des inquiétudes et de nombreuses craintes et inconnues.

La Francophonie n’échappe pas à ces bouleversements et à ces remises en question.
« Médias et technologies de l’information et de la communication, vecteurs de la Francophonie dans le monde », nous en débattrons au cours de cette journée.

Ces questions étaient également au centre du premier Forum de la Francophonie tenu la semaine dernière à Québec. J’étais présent, avec plusieurs d’entre vous, à cet événement majeur. Il fut marqué par une présence massive et participative d’une très jeune génération de francophones du monde entier. J’ai ressenti chez eux, et chez nous également, une très grande fierté d’appartenir à la Francophonie.

Dans un appel aux chefs d’Etat, aux décideurs politiques et aux francophones en général, appel signé par plus de 200 jeunes et paru dans plusieurs quotidiens francophones, les jeunes ont tenu à mettre en avant leurs quatre priorités pour la Francophonie.

Aux côtés des trois priorités que constituent la libre circulation dans l’espace francophone, l’éducation et la formation en français et la diversité culturelle, figurent aussi leurs volontés affirmées d’une « francophilisation » de l’univers et de l’espace numérique.

Cette priorité, qui rejoint l’objet de nos discussions d’aujourd’hui, est d’autant plus nécessaire que seuls 5 % du contenu de la toile internet mondiale est en français.

Dans un autre appel, lancé par un collectif d’intellectuels et de responsables francophones, publié lui aussi dans différents journaux francophones internationaux en préambule au Forum mondial (appel que vous pouvez vous-même cosigner sur internet), on peut lire : « Notre confiance en l’avenir de la langue française appelle une vigoureuse politique d’affirmation linguistique qui comprendra notamment un appui massif à la numérisation des patrimoines anciens et vivants de l’ensemble des pays francophones afin d’assurer la présence du français et des langues partenaires dans l’espace virtuel devenu un lien essentiel de communication, de mobilisation et de rassemblement » (fin de citation ).

De nombreux ateliers ont été consacrés à cette thématique au cours de ces journées du Forum mondial de la Francophonie.

Permettez-moi, en guise de conclusion, pour souligner encore la pertinence du choix de la thématique retenue par le Secrétariat général, sur proposition de la section hôte, d’attirer votre attention sur quelques-unes des conclusions et priorités qui ont été présentées lors de la clôture du Forum mondial :
-  nécessité d’une affirmation francophone par l’accès universel aux technologies et l’alphabétisation numérique ;
-  nécessité d’envahir la toile de contenu francophone ;
-  plaidoyer pour une francophonie en réseau ;

-  accès universel en français et volonté aussi pour que le savoir en français soit accessible dans les autres langues ;
-  soutien aux médias de masse francophones (et je salue ici tout particulièrement la présence de TV5 Monde) ;
-  volonté de faire progresser le français en étant créatif par la culture, par les nouvelles technologies, … c’est défendre de la meilleure façon cette langue … Il faut faire en sorte que l’on nous envie, que l’on nous regarde, que l’on utilise les nouvelles technologies et outils technologiques créés en français.

Une des conclusions fondamentales était aussi de veiller à lutter contre la fracture numérique par la production de biens communs dans l’univers numérique en vue d’un partage universel.

En quelque sorte, le Forum mondial en appelle au développement d’une intelligence numérique francophone.

C’est d’une véritable stratégie numérique dont nous, francophones, avons besoin urgemment. Cette stratégie numérique fera l’objet d’une présentation officielle, comme cela avait été souhaité et annoncé au sommet de Montreux, au prochain sommet international de la Francophonie qui se tiendra en octobre prochain à Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Je me permets à cet égard de saluer ici la présence du nouveau Président de l’Assemblée nationale de RDC.

Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre-Président, vous l’aurez compris les parlementaires francophones du monde entier réunis aujourd’hui à Bruxelles ont fait le choix d’une thématique de la plus haute actualité et de la plus haute importance pour l’avenir du français, notre patrimoine commun.

Monsieur le Président de l’APF,
Chers collègues parlementaires francophones,
Je tenais à vous souhaiter, à nous souhaiter d’excellents travaux.

Je vous remercie.

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