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Débat général. Contribution de la section du Cambodge

Contribution de M. SIK BUNHOK, chef de la section cambodgienne, au débat général de la XXXVIII ème Assemblée générale de l’APF

Sous- thème 1
Rôle et place des médias et des TIC dans la promotion
de la langue française au Cambodge

1- Contexte

Le Cambodge est attaché à la langue française depuis de longues dates. A
l’époque du protectorat de la France, la langue française y a été utilisée comme
langue officielle et langue d’enseignement. Comme cela a entraîné des apports
réciproques entre nos deux pays, le Cambodge et la France. Cependant, cette
relation a été rompue à cause de la guerre et des conflits au cours de ces deux
dernières décennies (années 70 et 80) qui ont causé des troubles sociaux
accompagnés de lourdes catastrophes dans tous les domaines, et le français a
également failli disparaître.

En 1991, suite à l’Accord de Paris, le rétablissement de la paix et de la stabilité du
pays a permis la réorganisation de notre relation ancienne et confiante avec la
France, et depuis, le français a réaffirmé sa présence et sa nécessité au Cambodge.

A l’heure actuelle, le français est enseigné comme langue vivante étrangère à
partir des trois dernières classes du primaire avec le soutien de la Coopération
Française. Le constat sur le terrain a signalé qu’au départ, le français est bien
motivé et a réussi à toucher un grand nombre de public scolaire et universitaire
dans l’ensemble du pays. Cependant, d’une année à l’autre, l’effectif des
apprenants a connu une baisse générale d’une manière décourageante, face au
déferlement de l’anglais qui est devenu une langue prédominante du pays et da
région d’Asie du Sud- Est, malgré nos efforts pour le maintenir. D’après les
indicateurs 2011- 2012, le nombre des apprenants du français se chiffre à
seulement plus de 130.000 personnes environ, soit 13% des effectifs totaux du
secondaire.

Dans ce contexte, il nous s’avère important de faire en sorte que la place du
français soit toujours maintenue d’une manière plus effective à travers la mise en
place d’un projet qui s’intitule « Valorisation de la langue française en Asie du
Sud- Est, en abrégé VALOFRASE », ceci pour répondre aux nouvelles exigences du
système éducatif en cours de réforme.

Lancé en 2007, ce projet VALOFRASE s’est investi pour renforcer davantage la
qualité de l’enseignement du français et en français dans les trois pays de l’Ex-
Indochine française, le Cambodge, le Vietnam et le Laos.

Dans le cadre de VALOFRASE, la promotion de la langue française est marquée par
la consolidation de l’enseignement du français LV1 « Langue Vivante Première »,
l’enseignement du français LV2 « Langue Vivante Deuxième », et celui des Classes
Bilingues dans le primaire ( de 3è à 6è ) et le secondaire ( de 7è à 12è ) au choix
des apprenants. S’y ajoute l’introduction de l’enseignement du FOS « Français sur
Objectif Spécifique » dans le supérieur, en faveur de l’employabilité ou de
l’orientation professionnelle.

Outre ces dispositifs d’enseignement et de formation, le renforcement du rôle et
de la place des médias et des Technologies de l’information et de la
Communication « TIC » constitue également des outils pertinents pour la relance
et la promotion de la langue française.

Par ailleurs, l’Assemblée Nationale et le Sénat, en tant qu’institutions législatives,
et en se référant à l’Article 65 de la Constitution, ont fait part de leur soutien et
contribution pour maintenir et développer les langues étrangères, le français et l’anglais, dans le système d’enseignement, tout en favorisant la formation des
ressources humaines au service de la nation et du peuple. Leur soutien est
marqué en particulier par la mise en place des différents ateliers et conférences
dans le cadre des activités de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie
« APF ».

2- Les TIC pour la promotion de la langue française au Cambodge

Les médias et les Technologies de l’Information et de la Communication « TIC »
sont actuellement des outils modernes de communication dans le monde entier.
Au cas du Cambodge, la mise en place des médias et des TIC visent les objectifs
suivants d’ordre prioritaire :
- Promouvoir l’éducation sous toutes ses formes en s’inspirant des textes
nationaux et internationaux relatifs aux droits à l’éducation.
- Assurer les échanges d’information et de communication sur le
développement du système éducatif.
- Oeuvrer à la communication des projets et des actions visant à la formation
des enseignants ainsi que les journalistes et les communicateurs spécialisés
en éducation et enseignement.
- Accompagner l’enseignement et l’apprentissage des langues étrangères,
notamment le français comme étant souligné dans la politique éducative et
linguistique du Ministère de l’Education, de la Jeunesse et des Sports.
- Renforcer les capacités des professionnelles de l’Information et de la
Communication pour l’Education « TICE », et ce, afin de s’approprier les
outils informatiques relatifs aux connaissances en bureautique et
connaissances en Web dans les réseaux sociaux, notamment : Word, Excel,
Power Point, Facebook , Twitter, Blog et Flux.
Pour réaliser les principaux objectifs ci- dessus énumérés, il a été créé :
- Un Bureau de TIC auprès des différents ministères et institutions, à savoir
en particulier un Département de l’Information et de la Communication
pour l’Education « TICE » auprès du Ministère de l’Education, de la Jeunesse
et des Sports,
- Un Campus numérique francophone à l’Institut de Technologie du
Cambodge,
- Des Centres de ressources pour le français à l’Institut National de
l’Education, et dans les 7 provinces qui dispensent l’enseignement des
classes bilingues,
- Des Centres de ressources pour l’enseignement général au sein des lycées
dans les grandes villes et provinces de l’ensemble du pays.
Chaque Centre de ressources est doté de matériels informatiques tels que
ordinateurs, téléviseurs, et projecteurs ainsi que bibliothèque et laboratoire au
profit de l’enseignement, de l’apprentissage et de la recherche.

En outre, dans des différents établissements publics et privés de l’enseignement
supérieur, il y a l’offre de formation en informatique, ceci pour renforcer
davantage les capacités des étudiants en terme de savoir et de savoir- faire, ce qui
a permis l’insertion des jeunes dans le marché d’emploi.

Dans le monde d’aujourd’hui en changement, les nouvelles technologies de
l’information et de la communication " NTIC " ont réussi à regrouper les
techniques modernes utilisées dans le traitement de l’information et de la
transmission, notamment de l’informatique, de l’Internet et des
télécommunications.

Ce faisant, et en principes, les professionnels en TIC doivent faire preuve de 3
compétences essentielles : une compréhension approfondie de la gestion, une
connaissance détaillée de la technologie et une passion pour résoudre des
problèmes d’affaires courantes à l’aide de solutions technologiques innovatrices.
En fait, malheureusement pour le Cambodge, l’intégration de ces technologies au
sein des systèmes publics des différents ministères et institutions semble encore
limitée , et demeure encore notre souci et notre préoccupation par manque de
moyens suffisants , tant sur le plan humain et matériel que financier.

3- Réflexion et Proposition

Compte tenu des besoins impératifs des différents systèmes publics au sein des
différents ministères et institutions, notamment dans le domaine de
l’administration, de l’information, de l’éducation, de la santé, de l’économie, de
l’environnement et du commerce, il s’avère important de prendre en
considération les 3 propositions suivantes, d’ordre prioritaire et stratégique :

a)- Appui à la formation des ressources humaines de qualité capables de
maîtriser les outils informatiques, de manipuler de l’information, et
particulièrement les programmes et les réseaux nécessaires pour la convertir, la
stocker, la gérer, la communiquer, la transmettre et la retrouver d’une manière
plus pratique.

b)- Appui au développement des programmes et diplômes de formation
universitaire en génie des technologies de l’information et de la communication
au sein des différents établissements et institutions, et ce, afin de former les
spécialistes aptes à jouer un rôle d’ingénieurs de TIC.

c)- Appui à la dotation de matériels informatiques et de moyens nécessaires
pour la mise en place des réseaux et systèmes de TIC ou de TICE auprès des
différentes institutions publiques qui méritent d’être renforcées encore davantage
d’une manière plus adéquate.

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