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Continuer à créer du commun, du lien, de la poésie entre nous, en défendant la langue française, la littérature et le livre.

Antoine Wauters (Belgique), finaliste de la 13ème édition du prix des cinq continents de la Francophonie (littérature)


Tout d’abord, je tenais à vous exprimer les félicitations de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie pour votre sélection en tant que finaliste de la 13e édition du prix des cinq continents de la Francophonie, avec le roman Nos mères. En premier lieu, comment avez-vous accueilli la nouvelle de votre sélection ?

Antoine Wauters : C’est un honneur. Une joie. Je n’imaginais pas que mes personnages, le petit Jean Charbel et ses mères, auraient cette chance. Savoir que leur histoire va passer les frontières est magnifique. Pour le reste, à titre plus personnel, c’est évidemment une reconnaissance, un magnifique encouragement. L’écriture est un métier du doute, et des cadeaux comme celui-ci permettent d’y voir plus clair. D’envisager l’avenir avec un peu plus de confiance.

Est-ce que le concept de littérature francophone a une réalité pour vous ? Quel est votre rapport à la langue française ?
Antoine Wauters : Je suis Belge, mais je me suis construit en lisant les auteurs français. C’est étrange, on dirait que le fait d’être belge n’est pas suffisant en soi, et qu’on doit se définir par rapport au voisin linguistique : la France, en ce qui me concerne, puis les auteurs de la francophonie. Ce que j’aime dans cette idée, c’est que ça induit un sens de l’ouverture, l’idée qu’on n’existe pas seul et qu’un regard trop autocentré, ça ne tient pas.

Quelles sont vos sources d’inspiration en littérature ?
Antoine Wauters : Pour ce livre, c’est un voyage au Liban. J’y suis parti en 2009 pour le Salon du livre de Beyrouth. Mais le voyage s’est poursuivi et j’ai pu faire un tour du pays. Rencontrer les gens. Les écouter. Me gorger des paysages, ceux qui sont préservés et les autres, urbains, par où la guerre est venue et où elle a planté ses crocs. C’est ce contraste entre un monde détruit et un monde en reconstruction, entre un passé terrible et une volonté d’aller de l’avant, qui m’a donné envie d’y placer l’histoire que j’avais en tête. Beyrouth et ses déchirures, Beyrouth et sa rage de vivre, c’était comme un écho à ce qui se jouait dans cette relation mère-fils dont je voulais parler.
Après, il y a évidemment les livres et la musique. Les livres, c’est une source d’inspiration. Il suffit de quelques mots, d’une phrase prise au hasard, mais qui me touche, pour me lancer. Pour « Nos mères », j’avais constamment en tête ces mots de Nazim Hikmet (ils figurent d’ailleurs dans le livre) :
« Tout ce que j’ai écrit sur nous est mensonge
tout est vrai de ce que j’ai écrit sur nous ».
Quant à la musique, c’était une nécessité pour ce livre. J’ai dû écouter Bach, Schubert, Verdi, Brahms, Pergolesi, sans cesse ou presque, pour que les personnages naissent. Et se maintiennent dans la durée.

Enfin, quel serait votre message à délivrer aux parlements francophones ?
Antoine Wauters : Continuer à œuvrer pour un monde ouvert, à nous faire respirer au-delà de nous mêmes et de nos replis, quels qu’ils soient. Continuer à créer du commun, du lien, de la poésie entre nous, en défendant la langue française, la littérature et le livre. Des lieux de partage, fragiles, mais oh combien indispensables.

Lire un extrait  : http://www.francophonie.org/Chaque-semaine-un-extrait-d-un-des-45236.html

A noter :
Le 13e Prix des cinq continents de la Francophonie sera remis en marge du XVe Sommet de la Francophonie en novembre 2014 à Dakar (Sénégal).

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