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Cérémonie d’ouverture de la 39e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Allocution de Son Excellence Guillaume Kigabfori SORO, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire

ALLOCUTION
de Son Excellence Guillaume Kigabfori SORO
Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire

Mercredi 10 juillet 2013

Mesdames et Messieurs,

" On se rappelle tous les jours de sa vie, l’hôte qui vous a montré de la bienveillance " a dit Homère, dans L’Odyssée.

Elle est bien heureuse cette terre de Félix Houphouët-Boigny, d’accueillir ce jour ses hôtes de marque dont les efforts conjugués aux siens ont contribué à la relever dans sa dignité !

A tous je dis AKWABA au pays de l’éléphant !

Souhaitant à l’ensemble de nos hôtes, la chaleureuse bienvenue, je voudrais au nom de tous mes Collègues Présidents d’Assemblée nationale et de mes pairs, m’empresser de saluer la distinguée présence effective à cette cérémonie de Son Excellence Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire.

Monsieur le Président de la République,

Vous honorez pour une autre fois et cela sans surprise, l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire en ayant accepté de présider, ce jour, l’ouverture de la 39ième Session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.

Vous rentrez, nous le savons, à peine d’une longue et importante tournée dans la le district des savanes situé dans la zone nord de notre pays et, alors même que votre agenda comporte des contraintes plus pressantes, ce sont les députés que vous choisissez d’honorer à ces instants. Je voudrais avant de poursuivre mon allocution, vous en remercier et vous traduire toute la gratitude des députés de Côte d’Ivoire ainsi que celle de nos hôtes.

L’organisation de la 39ème Session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie et de la 6ème Edition du Parlement Francophone des Jeunes ait été confiée à la Côte d’Ivoire, est le signe de la nouvelle confiance accordée à notre pays.

Mais c’est aussi et surtout le signe de la confiance accordée à un Homme, Vous Monsieur le Président de la République, grand démocrate, homme de droiture de compétence et rigoureux dans la gestion des affaires publiques.

Vous me permettrez, Mesdames et Messieurs, dans le même esprit, de saluer la présence à nos côtés de toutes les éminentes personnalités qui ont tenu à rehausser par leur présence, l’éclat de cette cérémonie.

A ce propos, c’est avec honneur que je relève celle réconfortante de Monsieur le Président Abdou Diouf, Secrétaire Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie, que je tiens à remercier très particulièrement ce jour pour son soutien quasi infaillible à notre cher pays.

Monsieur le Secrétaire Général de l’OIF

Je voudrais vous dire que je m’honore en personne de votre présence à cette Session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie dans notre pays et salue en vous le grand homme d’Etat qui aura placé ses trois mandats présidentiels sous le signe de l’approfondissement de la démocratie au Sénégal tel qu’initié par votre prédécesseur Léopold Sédar Senghor.

Monsieur le Président Abdou DIOUF,

Les ivoiriens ne sauraient se rendre amnésiques de votre remarquable contribution à la recherche pacifique de solution pour une sortie de crise réussie.

Oui Monsieur le Président, nous ne saurons oublier vos perpétuels appels à notre sens élevé de la Patrie et votre soutien sans faille au rétablissement de la vérité des urnes du 28 novembre 2010. Soyez remerciez pour tout.

Par ailleurs, notre pays s’honore de votre indéfectible sympathie et de vos liens d’amitié étroits avec le Président de la République Alassane OUATTARA.

Incontestablement, vos communes aspirations profondes au respect des principes démocratiques et votre amour pour vos pays respectifs sont les caractéristiques d’homme d’Etat qui vous distinguent au prime abord.

Distingués invités,
Mesdames et messieurs les parlementaires,

C’est en mars 2012, lorsque la Commission Politique de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, réunie à LOME a posé le principe de la levée de la suspension de la section ivoirienne de notre Organisation.

A peine un trimestre plus tard, à l’occasion de la 38ème session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie qui s’est tenue en juillet 2012 à Bruxelles, nous nous sommes réjouis d’être informés, que la Côte d’Ivoire était réintégrée dans la grande famille de la Francophonie, six ans après sa suspension de cette Institution. Dans mon allocution, j’avais alors souhaité faire de l’Assemblée nationale ivoirienne un bastion de la démocratie, de l’intégration africaine et de la coopération interparlementaire.

Le chemin, depuis lors, n’aura certes pas été simple mais je peux vous assurer que j’y ai consacré toute mon énergie et tout mon temps.

C’est donc aujourd’hui un grand honneur et un grand bonheur pour moi et pour la Représentation nationale ivoirienne de vous accueillir à Abidjan pour cette 39ième session de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie.

C’est une exceptionnelle marque de confiance, de la part des 78 Parlements ou Organisations Parlementaires que compte cette Assemblée à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie et l’Amérique.

Nous abritons également, en marge de cette session de l’APF, la 6ième édition du Parlement Francophone des Jeunes qui représente l’un des meilleurs cadres pour susciter des vocations parlementaires et, plus généralement, pour que ces futurs responsables prennent davantage conscience de l’importance de l’Institution parlementaire et du rôle incontournable qu’elle doit jouer dans nos jeunes pays, dont l’aspiration démocratique n’en est encore qu’à la phase fragile et délicate de ses premiers balbutiements.

Il serait prétentieux et prématuré de parler du succès de ces importantes manifestations que notre humble pays, à peine sorti de la crise, est chargé d’organiser, mais sachez, chers Congressistes, que pour relever ce triple défi, la Côte d’Ivoire s’est efforcée de mettre toutes les chances de son côté : l’avenir nous dira si nous avons rempli notre contrat et satisfait à la lourde et impérative obligation de résultats qui pèse sur nos épaules.

Mesdames et Messieurs,

À l’occasion des Sessions annuelles de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, il est d’usage que le pays hôte, par la voix de son Président de l’Assemblée Nationale, exprime ses remerciements à ses Honorables Collègues, ainsi qu’aux éminentes personnalités qui ont bien voulu accepter d’assurer au quotidien le bon fonctionnement de notre Assemblée.

A cet égard donc, je tiens à remercier ici tous les présidents de parlements et toutes les délégations qui sont venues en Côte d’Ivoire pour échanger et construire la Francophonie de demain.

Je veux également remercier l’ensemble des députés ivoiriens et plus particulièrement les membres de la section ivoirienne de l’APF pour leur implication et leur engagement constants afin de préparer au mieux ce grand événement qui nous réunit tous aujourd’hui.

Je tiens aussi à féliciter tout le personnel de l’Assemblée nationale qui n’a pas ménagé sa peine pour faire de cette rencontre, comme je l’espère de tout cœur, un véritable succès.

Distingués invités,
Mesdames et messieurs les parlementaires,

Lieu de débats et d’échanges, vigie de la démocratie, fer de lance de la coopération parlementaire, l’APF est tout d’abord une famille où, à son tour, le parlement de la Côte d’Ivoire peut bien en témoigner, la solidarité n’est pas qu’un vain mot.

En effet, pour toute l’aide que les parlements francophones nous ont apportée notamment au cours de la dernière année, dans le cadre du programme novateur de coopération qu’est, l’Initiative Multilatérale de Coopération Interparlementaire Francophone (IMCIF), je tiens à renouveler ici encore mes remerciements solennels.

Cela n’aurait pas été possible sans l’accord du Président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, M. Soungalo Apollinaire OUATTARA, et sans l’implication et le soutien sans faille du Secrétaire général parlementaire de l’APF, M. le sénateur Jacques LEGENDRE, et de toute son équipe.

Mesdames et messieurs les parlementaires,

Je voudrais, à ce stade de mon propos, me féliciter, à juste titre, de constater que l’attachement de l’APF à la langue française et sa volonté de l’illustrer et de la défendre, n’est pas la seule motivation de notre Organisation.

Les valeurs de partage dont elle est porteuse méritent d’être largement communiquées au grand public qui n’a pas toujours connaissance du rôle éminent que joue notre Institution au service des pays et des populations.

Le partage, quelle belle idée !

J’ai tant apprécié que la Francophonie se définisse comme une Organisation qui regroupe l’ensemble des pays « ayant en partage l’usage de la langue française » !

N’aurions-nous pas été déçus, si l’on s’était contenté de dire de la Francophonie qu’il s’agit des pays ayant la langue française « en commun » ?

Déçus, nous l’aurions été, car une langue commune ne fait que réunir des locuteurs qui ont besoin de parler la même langue pour échanger des marchandises, alors qu’une langue que l’on partage répond au désir des interlocuteurs d’échanger et de confronter leurs idées.

Déçus enfin nous l’aurions été, car une langue commune est d’autant plus efficace qu’elle est plus simple et plus standardisée, alors qu’une langue que l’on partage est une langue qui évolue, au gré de ses rencontres avec les différentes cultures qu’elle est amenée à intégrer.

Les 78 États que regroupe la Francophonie rassemblent 220 millions d’habitants issus des cinq continents, aux origines culturelles diverses, qui trouvent dans la langue française, une forme d’expression qui se diversifie et s’enrichit sans cesse.

Partager la langue française, ce n’est donc pas se couler dans le moule académique et austère de la langue de Molière et s’imposer de suivre les règles de l’Art poétique de Boileau.

Partager la langue française, cela ressemble plutôt à un double rituel d’initiation, qui nous permet d’une part de nous plonger dans les mystères de l’imagination populaire et de ressentir d’autre part et jusqu’au plus profond de nous-mêmes, le souffle vivifiant de la création littéraire contemporaine.

Il n’y a donc pas de contradiction entre le respect de la diversité des peuples et de leurs traditions et le rayonnement international de la langue française. Ces deux préoccupations, qui définissent la vocation culturelle du projet francophone, sont les deux dimensions complémentaires de cette ambition qui est la nôtre : rassembler les millions d’hommes d’esprit qui ont la langue française en partage !

Mais, comme chacun le sait, la vie d’un homme ne se réduit pas à la dimension culturelle de son existence. Que dis-je, cette dernière ne peut prendre son envol que si sont déjà posées et bien posées les fondations économiques sur lesquelles elle repose.

C’est pour cette raison que, très tôt, le projet de la Francophonie a pris en compte, la dimension économique de la coopération entre les pays ayant le français en partage.

Je tiens donc à remercier les responsables de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie, qui sont à l’origine de l’Initiative Multilatérale de Coopération Interparlementaire Francophone (IMCIF) : lors de la réunion du Bureau d’hiver de notre Assemblée, qui s’est déroulée en février 2013 et à laquelle il m’a été donné de participer, les Parlements francophones se sont engagés à apporter leur appui à l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, à travers 29 projets, en faveur des Députés et du personnel parlementaire.

Cette initiative est une première qui fait déjà ses preuves, et le fait que j’aie eu la chance, en tant qu’invité spécial convié à cette réunion, de participer à sa naissance, témoigne de l’intérêt que vous portez à notre pays.

Je me réjouis également du démarrage du programme « Noria » en faveur de notre Parlement qui nous permettra de renforcer nos capacités en matière de production, de gestion et de diffusion de l’information législative.

Soyez persuadés, Honorables Collègues, que nous attachons une très grande importance à ce vaste projet de modernisation de notre Parlement et que la conduite à bonne fin de ces programmes de réhabilitation et de modernisation, nous permettra de restaurer l’image de notre maison commune et de réaffirmer le rôle moteur de notre Parlement dans la sous-région.

Mes Chers hôtes,

Le thème de notre débat général, « les parlements au cœur de la construction de la Nation », trouve bien son sens dans la vie politique francophone actuelle car vecteurs de représentation, de construction et de consolidation du concept de nation, les parlements sont des jalons essentiels pour former un vivre ensemble qui va au-delà des différences ethniques, politiques et sociales. Et c’est notamment dans les pays en sortie de crise, comme la Côte d’Ivoire, que la pertinence de ce thème se ressent avec une acuité toute particulière.

Honorables Collègues,
Distingués invités,

Je voudrais conclure avec l’espoir que les différentes réunions qui se tiendront donneront à toutes les délégations, l’occasion de partager, dans l’esprit de symbiose et de solidarité concrète qui catalyse notre communauté internationale, leurs contributions décisives à l’avènement de nouvelles perspectives fécondes d’actions pour le bien-être, la liberté et la paix de nos nations. Etre le lieu d’un tel recueillement collectif est un signe du destin pour notre pays.

C’est un honneur qui nous impose des responsabilités nouvelles et je peux vous assurer, dès à présent, que la confiance que vous nous avez accordée ne sera pas déçue :

La Côte d’Ivoire, dirigée de main de maître par le Président Alassane OUATTARA, met tout en œuvre pour s’intégrer harmonieusement et de façon irréversible dans le concert des nations libres et démocratiques.

Nous avons pleinement conscience de l’importance que revêt l’étroite implication de notre Parlement dans ce processus, ainsi que du soutien que nous apporte l’APF pour le consolider.

Nous sommes résolus à apporter notre part, modeste mais significative, à la réussite de la Francophonie, car c’est de la synergie des contributions originales de chacune de nos Assemblées Nationales que viendra la réussite planétaire de cette belle idée.

Le monde de demain prendra la forme que nous lui donnons aujourd’hui : sachons partager cette responsabilité et, dans le respect mutuel, construire ensemble ce bel ouvrage que l’on appelle l’humanité !

Je vous remercie de votre aimable attention.

Guillaume Kigbafori SORO
Président de l’Assemblée Nationale
de Côte d’Ivoire.

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