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Dans les régimes politiques contemporains, il est généralement reconnu que le choix des grandes orientations en matière de politique étrangère relève du pouvoir exécutif. Cependant, la prédominance de l’exécutif sur le plan de la politique étrangère et de ses prérogatives sur le plan de la diplomatie ne veut pas nécessairement dire que le pouvoir législatif est silencieux dans ce domaine. Une telle interprétation fait abstraction de tout le travail de contrôle accompli par les parlementaires au sein de différentes structures organisationnelles à l’intérieur et à l’extérieur du parlement. Cette affirmation de plus en plus importante des parlementaires nationaux au chapitre des relations internationales a mené au développement d’une véritable diplomatie parlementaire. On entend généralement par ce concept l’idée générale que les parlements, ou les parlementaires, interviennent dans un domaine que la conception classique du fonctionnement de l’État attribue aux gouvernements et, plus particulièrement, au ministère des Affaires étrangères. Cette diplomatie parlementaire ne doit pas être perçue comme un substitut à la diplomatie traditionnelle des États, mais bien comme un complément. Elle permet de créer des réseaux de communication préliminaires dans des secteurs d’intervention où la collaboration entre les États pourrait paraître a priori impossible. Elle donne voix à des pans de la société civile auxquels la diplomatie traditionnelle ne fait pas toujours écho.

Par ailleurs, la fonction de législateur des parlementaires leur impose de se préoccuper d’enjeux qui transcendent les frontières nationales et régionales. Dans le contexte actuel de la mondialisation, les décisions prises par les États et les organismes internationaux ont des incidences sur la vie quotidienne de nos citoyens. Avec les années, la scène internationale a vu l’émergence graduelle d’une structure de plus en plus étoffée d’associations internationales bilatérales et multilatérales, qui agissent comme des agents de sensibilisation à ces enjeux internationaux. Les questions environnementales, les droits de la personne ou les migrations internationales constituent un bon exemple de problématiques qui dépassent les frontières des États.

Le travail des parlementaires canadiens au sein de la section canadienne de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie est un bon exemple d’une diplomatie parlementaire en action. La participation du Canada au réseau institutionnel de l’APF permet de faire partie d’un ensemble de 77 parlements ou organisations interparlementaires répartis sur les cinq continents. Les parlementaires canadiens y font la promotion des intérêts du Canada français à l’étranger tout en entretenant des relations bilatérales et multilatérales avec des parlementaires francophones du monde entier. Notre pays peut ainsi révéler au monde entier la spécificité de sa population canadienne francophone. La cohabitation du français et de l’anglais dans notre pays constitue un modèle de coexistence pacifique que le Canada peut offrir à l’humanité au moment où l’insécurité est source d’instabilité en raison de clivages linguistiques, religieux, sociaux ou économiques. Grâce à la diplomatie parlementaire, les sénateurs et les députés fédéraux canadiens peuvent offrir des idées de solutions aux sociétés multilingues et multiculturelles qui cherchent à surmonter ces clivages.

Concrètement, des parlementaires du Sénat et de la Chambre des communes sont actifs sur différentes commissions de l’APF telles que la commission politique, la commission des affaires parlementaires et le Réseau des femmes parlementaires. Ces commissions travaillent sur de nombreux dossiers, allant d’enjeux reliés à l’environnement, à l’État de droit, en passant par la traite des femmes et le droit des enfants. En œuvrant au sein de ces commissions, les députés et les sénateurs sont sensibilisés à des problématiques mondiales qui viennent enrichir leur travail quotidien, dans un esprit d’apprentissage réciproque. La diplomatie parlementaire orchestrée par les sénateurs et les députés fédéraux est un des meilleurs moyens de favoriser ces échanges.

Pour de plus amples renseignements, veuillez consulter la section « Affaires interparlementaires » sur le site web http://www.parl.gc.ca.