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Cambodge : Hommage à Sa Majesté Norodom Sihanouk

Personnage majeur de la scène politique asiatique, francophone et internationale, le Roi-père du Cambodge, Norodom Sihanouk, est décédé le 15 octobre dernier à Pékin.

Comme il y eut, au commencement de la Francophonie, un Poète-Président ou un Président-poète du Sénégal, il y eut également un Roi-Artiste, cinéaste et musicien du Cambodge. Voilà donc l’une des clés qui explique aujourd’hui le rôle majeur de la culture et des arts en Francophonie.

Aimé et respecté par son peuple, Sa Majesté Norodom Sihanouk a traversé le XXe siècle au gré des heures lumineuses comme des heures sombres de l’histoire du Cambodge. Il fut sans conteste un artisan infatigable de l’indépendance de son pays, lançant pour ce faire une véritable « campagne royale pour l’indépendance » du Cambodge. Père de la Francophonie et fondateur du mouvement des non-alignés, il a marqué de sa voix les rapports de force politiques du monde de l’après-guerre. Tour à tour Premier ministre, Chef d’Etat et monarque, il est le seul roi à avoir abdiqué deux fois, une première, en mars 1955, au profit de son père, une seconde, en octobre 2004, au profit de son fils. Renversé par un coup d’Etat militaire en 1970, il fut allié puis prisonnier des Khmers rouges dans son palais. Après treize années d’exil, il retrouve son trône et s’efforce de rendre au pays son unité et de développer le bien-être de sa population.

Mais derrière l’homme d’Etat se dessine également une affabilité et un sourire inégalables, ainsi qu’un homme dont la passion et l’amour pour le Cambodge furent sans faille. Si les temples d’Angkor ont fasciné et fascinent encore les nombreux voyageurs qui ont la chance de les découvrir, Sa Majesté Norodom Sihanouk les a mis en images et en mouvement dans son oeuvre. Soucieux de transmettre au plus grand nombre les mythes ancestraux du Cambodge, qui font la grandeur du peuple khmer, il choisit le médium le plus populaire de son temps : le cinématographe. Réalisateur, quelquefois même acteur, compositeur de bandes originales de ses propres films, il fut aussi musicien et chanteur, dans des compositions aux titres tels « Rose de Phnom Penh » ou « La Forêt enchantée » qui témoignent de son amour pour la langue française.

Comme le titre éponyme de ses mémoires l’indique, ce sont des souvenirs doux et amers qu’a emportés avec lui Sa Majesté Norodom Sihanouk, laissant à son peuple un souvenir impérissable et ouvrant résolument son pays à la prospérité et à la modernité.

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