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  • "50 ans après les indépendances, 10 ans après Bamako : la situation de la démocratie parlementaire dans l’espace francophone".
    Intervention de la section Communauté française de Belgique Wallonie-Bruxelles

"50 ans après les indépendances, 10 ans après Bamako : la situation de la démocratie parlementaire dans l’espace francophone".
Intervention de la section Communauté française de Belgique Wallonie-Bruxelles

II est temps que les pays colonisateurs considèrent leur histoire coloniale comme une part de leur histoire, et l’acceptent comme un fait, avec lucidité, enfin sans la magnifier ni la refouler.

Il est temps de lever un coin du voile pose sur cette époque coloniale, période encore parfois traversée de non-dits, de culpabilité et / ou de regrets.

En cette période de commémoration du cinquantième anniversaire de l’indépendance, les occasions ne manquent pas de résurgence de cette histoire à la fois partagée et divisée, à la fois patrimoine commun et cicatrice jamais vraiment soignée.

Il me semble cependant que ces commémorations du cinquantenaire de l’ Indépendance méritent
non seulement notre attention mais aussi un message de notre part, Assemblée parlementaire de
la Francophonie, et que l’ enseignement peut y contribuer_
Nous devons être murs aujourd’hui pour regarder notre passe commun avec le recul et la lucidité
qui permettent la nuance. Surtout, cet anniversaire nous invite a réinventer nos relations, a
redessiner un futur commun pour les pays membres de la Francophonie, basé a la fois sur le
respect mutuel, sur la reconnaissance de l’autonomie pleine et entière des Etats anciennement
colonisés mais aussi sur la spécificité des relations historiques.

ll en va de notre responsabilité face a l’histoire, au regard du passe colonial des pays
anciennement colonises, des richesses qui ont construit la prospérité de plusieurs Etats, de
l’impact géographique, politique et culturel de la colonisation, des conditions parfois déplorables
de la décolonisation et des relations politiques et économiques qui ont suivi.
Pour développer des relations de coopération durables, respectueuses et équilibrées entre Etats
et populations, il est utile de connaitre l‘histoire des uns et des autres et, singulièrement pour les
pays anciennement colonises ou colonisateurs, de prendre conscience des regards différents
posés sur notre histoire commune mais egalement sur l’histoire précoloniale en particulier de
l’Afrique.

C’est ce qui m’amène à soumettre a votre réflexion plusieurs questions :
- L‘histoire coloniale fait-elle partie actuellement du cours d’histoire organise dans nos pays
respectifs et si oui, dans quelle(s) c|asse(s) et de quelle manière ?
- Y a-t-il actuellement une évaluation concernant l’enseignement de l’histoire de l’Afrique
précoloniale et de la période coloniale ?
- Dans la négative, le contexte des commémorations n’offre-t-it pas l’occasion a chacun de
nos parlements de prendre des initiatives en ce sens et de baser cet enseignement sur la
diversité et la rencontre des points de vue via une démarche pédagogique qui valoriserait
à la fois la recherche de consensus scientisme et une culture de l’ouverture, de |’esprit
critique et du débat ?

Cette question ouvre bien entendu a une analyse de l’ensemble
des dynamiques coloniales (et avant elles esclavagistes) qui ont façonné le monde
durant plusieurs siècles.

L’intercuIturalité caractérise la Francophonie, il est donc utile de réaffirmer que, si nos sociétés
interculturelles s’assument clairement comme telles, cela doit se traduire dans le type
d‘enseignement qui est dispense aux jeunes. Ici aussi, le modèle qui a prévalu jusqu’ici, celui de la simple assimilation aux standards culturels dominants, doit être abandonné au profit d’un
modèle d’enseignement qui soit résolument ouvert à la diversité culturelle.

Et est évident que renseignement ne concerne pas seulement l’apprentissage de compétences
techniques particulières, mais aussi la formation d’individus libres et autonomes. Cela signifie qu’il
y a complémentarité entre le fait de rappeler l’histoire de la démocratie ainsi que l’histoire des
combats en faveur de l’émancipation, de la liberté et de l’égalité entre les hommes et les femmes,
valeurs fondamentales de la Francophonie, et d*intégrer dans les cours d’histoire, de géographie,
de littérature, etc., la réalité des trajets migratoires ou de l’exil, ainsi que rapport des cultures non
européennes a` la connaissance, aux idées et aux découvertes.

Aujourd’hui, il est important de reconnaître les événements qui ont émaillé l’époque coloniale et
de déconstruire les préjugés et les croyances que le colonialisme a fait naître.

Ne pourrions-nous pas imaginer d’associer les compétences issues des pays en développement
afin d’éditer ensemble des manuels scolaires utilisables autant dans les pays anciennement
colonises que dans les pays anciennement colonisateurs ?

Je vous remercie déjà pour votre avis à ce sujet.

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