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  • "50 ans après les indépendances, 10 ans après Bamako : la situation de la démocratie parlementaire dans l’espace francophone".
    Intervention du Professeur Mathurin Coffi NAGO, président de l’Assemblée nationale du Bénin, président de la Section béninoise de l’APF

"50 ans après les indépendances, 10 ans après Bamako : la situation de la démocratie parlementaire dans l’espace francophone".
Intervention du Professeur Mathurin Coffi NAGO, président de l’Assemblée nationale du Bénin, président de la Section béninoise de l’APF

Monsieur Mamadou SECK, Président de l’Assemblée Nationale du Sénégal

Monsieur Yvon Vallières, Président de l’APF

Monsieur Jacques Legendre, Secrétaire Général Parlementaire de L’APF

Messieurs les Présidents des Sections de l’APF

Comme l’excès en ce domaine ne nuit pas, je voudrais remercier au nom de toute la délégation du Bénin que je conduis ici, Monsieur le Président Mamadou SECK, le Parlement Sénégalais pour la chaleur de leur accueil et la qualité de leur hospitalité ainsi que la qualité de l’organisation mise en place pour nos différentes rencontres.

Mr Le Président, Mesdames, Messieurs

La 36éme Session de l’APF a placé ses assises et ses débats généraux sous le thème « 50 ans après les indépendances, 10 ans après la déclaration de Bamako, l’état de la démocratie dans l’espace Francophone ».

Je voudrais à cet égard féliciter la Section Sénégalaise de l’ APF, son Président Mamadou SECK, et son Président Délégué Abdou FALL, pour l’exposé introductif qu’ils nous ont proposé sur cette thématique.

La délégation Béninoise adhère globalement aux différents développements et analyses qui y ont été faits. Néanmoins, vous me permettrez, Mesdames et Messieurs d’apporter quelques ajouts et quelques précisions.

- Le premier ajout, c’est une remarque d’ordre général sur cette thématique.
Bien qu’on parle de l’espace francophone, il est important de noter qu’en réalité, il s’agit des pays de l’Afrique francophone, puisque l’on parle de 50 ans après les indépendances.

- Deuxième chose, en terme de rappel historique, je voudrais dire que 50 ans c’est un long parcours politique complexe riche et varié que l’on peut décliner globalement en deux phases avec bien sûr quelques exceptions.

  • La première phase est celle de la gouvernance dirigiste et autocratique caractérisée par un système de parti unique et par une instabilité politique avec de nombreux coups d’états militaires et l’instauration de différents régimes militaires. Cette phase a perduré jusqu’à la fin des années 1980.

La deuxième phase, c’est celle que l’on peut qualifier de gouvernance démocratique.

En effet le vent de l’ouverture démocratique qui a soufflé sur les pays de l’Europe de l’Est avec comme conséquence la chute du mur de Berlin a également atteint l’Afrique ; ceci, ajouté à la volonté et aux aspirations profondes des populations a conduit à l’organisation plus ou moins réussie des conférences de réconciliation nationale.

La première de ces conférences qui a connu un certain succès a eu lieu au Bénin dans mon pays en Février 1990.

La principale conclusion des différentes assises fut l’adoption du système démocratique fondé sur le multipartisme intégrale.

Chaque pays adopta ce système en l’adaptant à ses réalités socio politiques et culturelles.

Il est à noter fondamentalement que le Parlement en tant qu’institution par laquelle s’exprime la volonté du peuple est au centre du système démocratique.

En effet, si l’existence d’un parlement ne garantit pas toujours la démocratie, il n’y a pas de démocratie sans parlement.

Par ailleurs la situation économique joue un rôle important dans la promotion et la réussite du système démocratique.

Ainsi les crises financière, économique, alimentaire environnementale et énergétique intervenues dans le monde en général et en Afrique en particulier constituent des obstacles majeurs à l’enracinement de la démocratie, car la non satisfaction des besoins et attentes des différents groupes sociaux non seulement détourne ceux-ci du débat et du processus démocratique mais aussi et surtout fait de ces groupes sociaux la proie facile des vendeurs d’illusion.

La justice qui doit garantir l’observance et la construction d’un Etat de Droit, n’est pas toujours à la hauteur de sa mission et de ses différentes tâches.

Et cela pour diverses raisons sur lesquelles je ne voudrais pas revenir ici. De ce fait la corruption qui sévit partout dans le monde a eu, en Afrique, des effets dévastateurs et gravissimes sur le fragile processus démocratique en cours dans nos différents pays.

Bien entendu la classe politique à sa part de responsabilités dans les échecs et les difficultés enregistrés dans les domaines économique, politique et social intervenues dans le cours de ce processus démocratique.

La boulimie du pouvoir fait parfois oublier en effet aux responsables politiques l’essentiel qui est le développement.

Mr Le Président, Mesdames, Messieurs, Chers Collègues

Il apparaît globalement que malgré les acquis relativement importants enregistrés dans nombre de pays, la démocratie balbutie encore quelque peu sur notre continent l’Afrique, en raison notamment des guerres fratricides, de certaines remises en cause, des diverses crises déjà citées et de certains comportements et actes d’intolérance, d’égoïsme, de cupidité, d’exclusion dont se rendent coupables des acteurs politiques.

Mr Le Président Mesdames, Messieurs

C’est pourquoi je voudrais au terme de mon intervention recommander à l’ensemble de la classe politique africaine, voire de tout l’espace francophone de s’investir :

1- pour créer un cadre permanent de concertation pour les échanges entre les Forces Politiques.

2- pour définir un consensus autour duquel les forces politiques doivent s’unir pour favoriser l’enracinement de la démocratie.

3- pour mettre en place un cadre institutionnel pour des élections libres et transparentes.

4- pour veiller à la bonne gouvernance financière économique et à la bonne gestion des ressources publiques dans nos différents pays.

Je vous remercie

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